• Rentrée d'il y a 8 ans

    "J'aime pas l'école"... Voilà comment l'un de mes élèves de 6e s'est présenté jeudi dernier, jour de la rentrée. Evidemment, je n'ai pu m'empêcher de penser à une jeune élève de 6e que j'avais rencontrée lors de ma première rentrée dans ce collège en 2002. Une petite blonde, toute mignonne qui détestait l'école... Elle aimait faire du cheval et rien que ça, disait-elle. Elle redoublait sa 6e. La pauvre... déjà qu'elle n'aimait pas être au collège, en plus on lui avait proposé le redoublement... Oh, je ne dis pas, pour certains c'est utile mais ceux qui détestent les études, à quoi ça sert de les faire rester une année de plus ??? Ils vont déjà subir ces 4 années de collège comme une torture... et en plus, on leur en ajoute une 5e...

     

    Ma petite blonde était dans ce cas... j'avais l'impression que ça ne servirait à rien de la garder une année de plus... et, sur le moment, j'avais peur d'avoir face à moi une tête à claque qui m'en ferait voir des vertes et des pas mûres tout au long de l'année... Elle était du genre schtroumph très grognon, jamais un sourire, un regard sombre et une moue boudeuse qui semblait tout le temps dire "j'aime pas l'école." Et puis, peu à peu ça s'est arrangé. Elle est devenue plus souriante et même motivée... Ses résultats s'étaient un peu améliorés... et elle était plutôt sympa. J'aurais dû la retrouver en début de 4e, dans une classe un peu spéciale où on avait regroupé des gamins qui n'étaient pas faits pour les études... on espérait qu'ils s'épanouiraient en faisant quelques stages et qu'ils trouveraient leur voie ensuite en lycée professionnel... Mon élève blonde aurait pu s'y plaire mais elle n'a jamais intégré cette classe. En tout début d'année, on nous a dit qu'elle était malade mais qu'elle reviendrait bientôt... en principe. Elle n'est pas revenue. Sentiment bizarre que de se dire qu'une enfant de 14 ans était partie comme ça... Elle n'a pas eu le temps de savoir si son redoublement lui avait servi et finalement, qu'est-ce qu'on s'en fout... Elle n'aimait pas l'école, elle non plus.

    « On peut toujours espérerIl y a des chiffres qui font peur »

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    Dimanche 5 Septembre 2010 à 20:23
    Yentl ☼

    Malheureusement, tu auras beau faire, tu ne pourras pas tous les aider...

    Gros bisous

    Yentl

    2
    Mercredi 8 Septembre 2010 à 20:43
    le majeur

    toi qui as quelques années d'expérience en la matière, je me posaie une question à la quelle tu peux peut-être apporter une réponse : est-ce qu'il y a plus d'enfants qu'avant qui n'aiment pas du tout l'école ?

    3
    Dimanche 12 Septembre 2010 à 20:05
    Jacques l'Ardéchois

    Je pense que "le pire" du pire, se sont les perturbateurs dans une classe ...

    tu sais les "vedettes" ceux qui parlent à haute voix ...... etc etc ....  inutile d'expliquer....  tu dois bien connaître le sujet ...

    Courage Béa !... encore quelques belles années devant toi, c'est à dire "le meilleur" ...

    4
    Lundi 13 Septembre 2010 à 07:50
    FRED

    Tu me sembles complètement démotivée par ce métier, Béa. Pourquoi ne pas penser à une reconvertion ? Si la totalité des profs se disent : "On s'en fout" qu'une élève ou une autre aiment l'école, cela ne m'étonne plus du tout de ce que devient la société actuelle ! Personnellement, je n'appréciait guère les études. Pourquoi ? Simplement par peur du ridicule. Aux yeux de qui ? De mon paternelle tout d'abord qui se disait, bien que n'ayant pas été beaucoup à l'école, beaucoup plus intelligent que moi... si tu savais où il en est aujourd'hui... ensuite, c'était la peur du ridicule aux yeux des copains (les enfants entre eux sont très cruels, tout le monde le sait), mais ce que je craignais encore le plus, c'était le ridicule aux yeux de mes profs. Pourquoi ? Parce que certains s'amusaient à ridiculiser les éléves moyens, voire mauvais... et ne prétendaient travailler qu'avec les meilleurs. C'est tellement plus facile ! Je ne suis pas enseignant, il est vrai. Mais l'idée que je me fais de cette profession est celle-ci : dans une classe de 25 éléves, j'arriverais à en sortir un seul du trou... pour qu'il fasse quelqu'un de bien plus tard et bien, j'aurais l'impression d'avoir honorer ma profession. Oui, je sais : je suis un naïf, mais cette profession a une telle importance pour le futur de notre société, qu'il ne faut pas baisser les bras. Et c'est justement que qu'à fait une certaine enseignante à l'époque de mes pénibles années d'études. Elle a cru en moi et je l'en remercie très sincèrement, car je ne suis pas devenu comme mon géniteur...

    5
    Mardi 9 Novembre 2010 à 01:01
    Moi.S

    Ca me donne des frissons ton histoire et en même temps cela me conforte (même si je n'avais pas besoin de cela) dans le choix que j'ai fait de déscolariser mon fils, qui lui non plus n'aime pas l'école, pire est atteint de phobie scolaire, se rendait malade et subissait les méchancetés de ses "camarades" de classe.

    Je te souhaite bien du courage, cela ne doit pas être facile tous les jours !!!

    BizooS.

    6
    Mercredi 10 Novembre 2010 à 02:05
    Moi.S

    C'est marrant ça, tu te sentais mal à l'école et tu es devenue prof, comme quoi la vie réserve des surprises parfois ... Je serai curieuse de connaitre ton histoire, au détour d'un petit post .

    BizooS.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :