• Peur


    "J'avais peur, peur, peur...", ça sonne très années 80 cette chanson. Mais ça illustre bien ces peurs d'enfant qu'on a tous connues.

    Moi, j'avais peur du noir, mais ça je l'ai déjà dit
    ici.
    J'essayais de m'endormir avant qu'il fasse noir mais, évidemment, c'est pas facile parce que plus on veut dormir et moins on dort.Mais, il n'y avait pas que ça. Souvent, je me réveillais hantée par des choses qui m'effrayaient. C'était pas des monstres ou des fantômes. C'était pas des guerres, de la violence, des brutalités. C'était plus perfide, plus indéfinissable, plus angoissant. Alors, je réveillais ma mère, pour être sûre qu'elle était encore là. Juste ça. Elle me demandait ce qui se passait. Je lui répondais que j'avais peur. Evidemment, elle voulait savoir de quoi. Sauf que je ne pouvais pas le lui dire. Je ne pouvais pas lui expliquer que j'avais peur qu'elle ne soit plus là. Alors, je répétais sans cesse que j'avais peur... elle ne comprenait pas. Comment aurait-elle pu ?Et je finissais par retourner me coucher en lui disant que c'était rien...

    Hier, nous sommes allées rendre visite à des gens qui sont un peu comme de la famille. C'est toujours l'occasion pour ma mère de reparler des gens qu'elle a connus quand elle était jeune et qu'elle a été parachutée dans cette famille parce que la guerre faisait rage et qu'on avait "casé" tous les enfants à la campagne. Ma mère avait été placée dans une famille au hasard, une famille qui avait besoin d'une aide agricole (elle avait 9 ans...). Elle est restée dans cette famille qu'elle a un peu considérée comme la sienne au fil du temps. Et puis, elle a été obligée de partir parce qu'elle n'était pas de la famille malgré tout. Pourtant, elle est restée en contact. Elle a eu de la chance, c'était des gens bien. Ils ne l'ont peut-être pas aimée mais, ils l'ont appréciée je pense. Et donc, hier nous sommes allées là-bas. Les conversations sont centrées désormais sur tous ces gens qui ont fait son passé et qui sont morts, ou malades. Trois de ses copains d'enfance sont morts récemment, et tant d'autres depuis quelques années. Elle a parlé enterrements, tombes, cimetière... Et moi, le soir, je me suis couchée... j'ai eu peur, comme avant, plus qu'avant...



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  • Commentaires

    1
    Mardi 23 Décembre 2008 à 22:37
    jacques l' Ardéchois
    Comme je te comprends ... situation très dificile à vivre .. mais c'est comme ça ... très engoissant.
    Reposes toi bien pendant ces quelques jours ...
    2
    Mercredi 24 Décembre 2008 à 11:28
    Bonjour Béa,

    Je viens te souhaiter un très joyeux Noël. J'espère que tu vas bien.

    Gros bisous
    3
    Sophie
    Dimanche 1er Juillet 2012 à 14:48
    Sophie
    Augustin se pose beaucoup de questions sur ma future disparition. Il veut me garder avec lui et comme après la mort il reste l'amour, il m'a expliqué que nous nous parlerions grace à notre coeur...
    Pas bête ton filleul.
    4
    P'tit Juju
    Dimanche 1er Juillet 2012 à 14:48
    P'tit Juju

    Et dire que moi aussi j'avais peur, mais ça a toujours été plus ou moins le cas, même encore aujourd'hui. Bon, je n'ai plus peur le soir dans mon lit, mais ce sont des angoisses de tous les jours, des angoisses d'adulte mélangées à des peurs d'enfants.

    J'avais également peur que les gens qui m'entourent disparaissent, je ne sais pas pourquoi. A 8 ans déjà, cette idée m'effrayait, je ne pouvais pas concevoir que... l'idée que...  et pourtant, cela fait partie de la vie.

    Ce qui m'effrayait la nuit, c'étaient les images de mort. La mort, toujours la même, j'imaginais des tombes tout autour de mon lit et des morts vivants qui m'attrapaient pour me tuer, la mort dans son plus simple apparat sans doute, un corps comme ça jeté au pied du lit ou à côté de moi dans le lit, un corps sans vie... Brrr...

    Tiens en parlant de ça cette nuit j'ai fait un cauchemard horrible avec un corps d'une femme et des mains mortes qui sortaient de terre, affreux... Je crois que c'est quelque chose que mon esprit ne peut pas accepter, c'est contraire à tout ce qu'il pense, la mort ne peut pas être concevable puisqu'elle se réduit à néant (du moins dans ma pensée agnostique et non religieuse, moi qui suit quand même terre à terre malheureusement de ce côté là).

    Enfin bref, rassure toi, tu n'es pas la seule à avoir peur Béa ... Et puis tu ne seras pas abandonnée ne t'inquiètes pas... il y'a des gens qui, tu le sais, seront toujours là pour toi . Plein de bisous

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