• Mes mots


    Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d'eux. René Char.


    Tout à l'heure, je me disais que lorsque j'écrivais des poèmes, dans mon jeune temps, j'éprouvais moins de scrupules ou de gêne à parler de certaines choses, de certains sentiments. Bien sûr, déjà, il y avait des sujets que je n'abordais pas alors que pourtant ces poèmes n'étaient que pour moi; il était très rare que je les fasse lire à quelqu'un. Les sujets, c'était un peu les mêmes que ceux que je n'aborde pas ici ni ailleurs... cependant, il y avait des pudeurs qui disparaissaient avec la poésie un peu comme si l'écriture artistique (je ne dis pas que j'étais une artiste mais j'essayais de donner une forme artistique à mon écriture) permettait de vaincre tous (ou presque tous) les tabous. Comme si, soudain, le fait de faire rimer "pleurs" avec "malheurs" ou bien "souffrance" et "offense" m'autorisait à dire ce que je ne dis jamais autrement, avec les mots de la vraie vie.

    Quelle différence ? Ce sont les mêmes mots. Le but, lui aussi, était un peu le même : se libérer. Et pourtant, pas de pudeur, ou en tout cas beaucoup moins... Vous allez me dire que j'ai écrit mes poèmes quand j'étais jeune et que donc, peut-être qu'à l'époque, j'osais davantage dire les choses. Mais non. Je pourrais écrire à nouveau un texte poétique dans lequel j'accepterais de mettre certains maux en mots mais pas dans un article comme celui-ci... je ne le peux pas. 

    Le problème ne vient pas non plus du fait que vous me lisiez. D'ailleurs, mes tout premiers articles présentaient des poèmes où j'évoquais ces choses-là. Si j'avais voulu les censurer, je les aurais supprimés, tout simplement, en constatant que j'avais des lecteurs... mais ça ne me dérange pas que vous lisiez ces textes. En revanche, ici, maintenant, en prose, comme dans la vie, je ne vous dirai rien de tout cela. C'est impossible... Je n'arrive pas à vous donner mes mots... parce que je ne les trouve pas et puis d'ailleurs:
    "Les mots ne suffisent presque jamais pour rendre précisément ce que l'on sent" Denis Diderot.

    La solution est simple, me direz-vous... pourquoi ne pas écrire des poèmes ? Tout simplement parce que je ne trouve plus, depuis bien des années, l'inspiration qu'il me fallait pour le faire... C'est dommage mais c'est malheureusement ainsi. J'aime toujours écrire mais la poésie ne veut plus de mes mots.
    « Madame Irma et le dauphin un soir sur l'océan.Chang vs Lendl en 1989 »

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 14 Décembre 2007 à 22:22
    j'ai conservé un p'tit carnet de mes 15 ans il suffirait que je le retrouve pour publier ces écrits de l'époque ; j'en ai aussi qui datent des années 90 (sûrement un peu plus torturés, mais il faudrait aussi que j'ose en publier ????)
    j'ai râté le p'tit lord mais l'après midi rarement disponible .....
    bonne soirée
    2
    Samedi 15 Décembre 2007 à 13:44
    Stéphane
    Vu la qualité de tes articles, j'imagine la qualité de tes poèmes et c'est bizarre que cette inspiration sois partie et j'ai eu un sourire en lisant la phrase où tu dis quand j'étais jeune, mais je te rassure tu l'es toujours et je suis sûr qu'en voyant ça différement tu arriverais à reécrire des poèmes comme avant et pas forcément pour les publier mais simplement pour toi.
    Gros bisous Béa
    3
    Samedi 15 Décembre 2007 à 20:08
    Sérénité
    J'ai toujours aimé la façon que tu écris, les mots que tu utilisent... et pourtant ce que tu dis ici me laisse un peu perplexe même avec cette facilité que tu as d'écrire... tes pensées, tes réflexions et pourquoi autant de difficulté à y faire passer aussi les sentiments les plus profonds, les «maux» au travers des mots? peut-être n'as-tu plus le réflexe d'écrire des poèmes... mais recommencer je suis certaine que cela reviendrait tout bonnement. Essaie pour voir, écris aussi tout ce que tu veux Béa c'est plus simple ainsi et laisse tomber la crainte d'être jugée ou quoique ce soit... ton blog est le tien et fait pour ce que tu as envie d'en faire. Les gens fidèles et qui te respectent et t'apprécient ne jugeront pas au contraire... crois-moi car de cette façon tu ne sentiras peut-être plus ce petit tiraillage de vouloir le faire et de ne pas le faire. L'année achève, prends la nouvelle année d'une autre façon et profite de ce moment pour faire de ton blog ce que tu veux qu'il soit pour toi, un lieu de partage ou en plus un lieu où tu y mettras tout ce que tu vis, ressens au plus profond de toi-même. Et surtout, essaie encore tes poèmes :) Je t'embrasse, Sérénité.
    4
    Samedi 15 Décembre 2007 à 22:37
    pareil pour moi. A un détail près.. mets toi la musique qui te touche. Ferme les yeux. Essaie de mettre des mots sur ce que tu ressens, à qui et à quoi tu penses... t'auras ptet qu'un début mais il viendra tout seul et après tu trouveras sans chercher, un peu comme si t'avais ouvert une porte, t'as plus qu'à entrer. Gros bisous
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