• Mes années collège, mes années galère

    L'autre jour, lors d'un conseil de classe, nous parlions d'un élève qui a de très grosses difficultés scolaires, qui ne pose pas de soucis en cours et qui a toujours l'air un peu dans son monde, renfermé... Les collègues s'inquiétaient de son côté solitaire se demandant, bien sûr, s'il était choisi ou subi. Et, là, comme ça m'arrive parfois, je me suis demandé si, à l'époque, mes profs s'inquiétaient de mon attitude ou bien si finalement, je faisais bonne figure malgré tout... ou bien si, de mon temps, les enseignants s'en tapaient comme de l'an 40 de savoir si les élèves étaient bien ou non dans leur peau. Je pense qu'on était beaucoup moins soucieux de ça et comme j'avais des notes à peu près correctes, tout le monde devait se dire que j'étais bien et je les imagine passant sur mon cas à la vitesse de l'éclair... Insignifiante... Bonne élève, plutôt sérieuse mais le genre qu'on ne remarque pas, dont on ne se souvient pas... Je ne jette pas la pierre. Je suis comme ça aussi avec certains élèves. Les moyens/bons qui sont tout sages et tout réservés... C'est grâce à eux que je fais mon métier dans des conditions satisfaisantes et c'est pourtant eux que je vais oublier le plus vite. Mais, je me demandais si un prof avait un jour décelé le désespoir dans lequel j'étais à l'époque et surtout le fait que ces années m'ont détruite... Je ne pense pas. Souvent, les profs, on les avait quelques heures par semaine, simplement, ils faisaient leur cours, on écoutait, on comprenait ou pas...

    Quelquefois, je restais parler avec certains à la sonnerie... mais, à 12 ou 13 ans, on cherche des excuses pour discuter avec un adulte mais on ne peut pas encore lui parler des problèmes de fond... surtout quand on a fini par se persuader que ces problèmes sont inévitables et même mérités... Une sorte de fatalisme qui me poursuit encore... Et puis, bon, à l'époque, on ne parlait pas trop non plus de tous les soutiens psy qu'il peut y avoir maintenant dès qu'un gamin semble mal dans sa peau... Et d'ailleurs ? Avais-je l'air mal dans ma peau ? Je sais à quoi je pensais sans cesse mais est-ce que je le montrais ? Quand il m'arrivait d'en parler, de dire qu'au collège et dans la vie, je n'avais pas d'amis, les gens me disaient que je devrais faire des efforts et que j'exagérais sûrement... mais pourtant non. Je sais dans quel état d'esprit j'abordais les autres et je sais ce que je recevais sans jamais vraiment le comprendre.

    Les dégâts de ces années collège et même un peu lycée sont irréversibles, j'ai l'impression... ou alors peut-être que je me complais dans tout ça, j'en sais rien... mais tous les ans, au moment des conseils de classe, je me dis que si quelqu'un m'avait aidée, je n'en serais peut-être pas là. Mais, les gens ne peuvent pas deviner ce qui se passe dans la tête d'une élève un peu paûmée qui donne l'impression de ne jamais l'être.

    « Trop mignon !Bébé danse sur une chanson de Michael Jackson »

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 4 Décembre 2009 à 08:42
    Yentl
    Je pense comme tu le dis qu'à cette époque on ne parlait ni ne pensait pas encore trop à ces problèmes psychologiques. On connaissait peut être plus les familles à certains endroits, dans les petites écoles et les parents étaient sensés assurer (pas comme maintenant) C'est vrai que les douleurs de l'enfance et de l'adolescence ne s'effacent jamais et laissent souvent des cicatrices indélébiles... Pour ma part, personne ne s'est jamais vraiment rendu compte de ce que j'ai vécu à une certaine époque...
    Bisous
    Yentl
    2
    Vendredi 4 Décembre 2009 à 13:07
    Mimi
    Sujet intéressant et qui m'interpelle aussi... tu as raison de dire que dans ces années si nous avions de bonnes notes c'est que tout allait bien en général et personne ne se posait de questions. Aussi, on parlait moins aux adultes, aux professeurs... il y avait en plus la fréquentation de l'église plus présente à ce moment donc on « confessait » là parfois... souvent sans trop quoi dire et sans jamais parler des vrais problèmes ou choses qui nous préoccupaient. Déranger le moins possible on dirait. À moins bien sûr qu'un adulte, soit dans la famille, une amie, une voisine voyait que nous n'étions pas si bien que cela et sentait que quelque chose n'allait pas ou que nous n'étions pas heureuses. Bref, il y a toujours une personne quelque part qui a cette intuition, cette empathie. Bon WE Béa
    3
    Vendredi 4 Décembre 2009 à 13:54
    anne
    Ah les années collèges-lycée!Jamais personne ne s'est rendu compte que j'étais toujours isolée, parlant peu en classe; au lycée j'ai fait quelques mois et ai dû le quitter sur ordre médical car je débutais une dépression.
    J'étais renfermée et le suis encore; j'ai un mal fou à extérioriser ce que je ressens! Résultat, j'ai toujours l'impression de ne compter pour personne et je me sens abandonnée quand je ne reçois pas de com sur mon blog, sans cesse l'impression d'être inutile.
    Bisous
    4
    Vendredi 4 Décembre 2009 à 22:23
    Stacia
    comme toi j'étais une solitaire, bonne éléve, mais toujours toute seule, je me sentais trop différente, d'un autre monde peut etre, je ne sais plus vraiment, j'ai eu tant de mal à oublier certains événements, que parfois c'est vague..

    bisous
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