• Liberté de quoi ?

    Une réflexion m'est venue ce matin... en fait, je crois que la liberté d'expression c'est simplement l'autorisation, qui nous est généreusement donnée, de nous exprimer comme il faut, c'est à dire comme le veut la majorité, comme le veut une certaine bien-pensance. C'est tout. Je me dis aussi que, finalement, avant, lorsqu'on n'avait pas cette fameuse liberté d'expression, au moins, on savait à quoi s'en tenir. De nos jours, c'est foireux : on a l'impression d'avoir le droit de dire ce que l'on pense mais, en réalité, il vaut mieux éviter... sauf si si on pense bien, si on pense juste, c'est à dire si on pense comme il est convenu de penser. Dans un sens, je trouve que l'époque de la censure était plus honnête. Et moins risquée. Conclusion, il vaudrait mieux arrêter de parler de liberté d'expression et évoquer simplement une "autorisation temporaire de s'exprimer dans les limites de la correction et sous surveillance."

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  • Commentaires

    1
    Julien
    Jeudi 13 Août 2015 à 20:58

    "Conclusion, il vaudrait mieux arrêter de parler de liberté d'expression et évoquer simplement une "autorisation temporaire de s'exprimer dans les limites de la correction et sous surveillance."


     


    Je suis tout à fait d'accord avec toi. C'est quasiment un mensonge Orwellien de promettre une liberté qui est sous conditions très stricte. Mais en y réfléchissant un peu plus, je pense que cette "autorisation temporaire de s'exprimer dans les limites de la correction et sous surveillance" existait bien avant la renaissance. A vrai dire, il fallait être en accord avec les notables et le Clergé. Quiconque osait remettre en cause la parole divine était ostracisé et condamné. Il y avait de l'expression à l'époque, mais elle était "conditionnée". Un simple paysan ne pouvait faire que répéter les propos des élites, un scientifique également... De manière générale, une large part de la société n'était de toute façon pas écoutée.


     


    Quand on y songe, cela n'a pas beaucoup changé. Le discours dominant, la religion dominante est économique et technique. Quiconque ose remettre le dogme libéral se voit ostracisé et mis à l'écart, avec étalage public et tout le tintouin. Imaginons deux secondes quelqu'un qui serait contre la mondialisation (économique, culturelle, ou que sais-je) et c'est le tollé général. Au fond, les masses n'ont pas plus la parole aujourd'hui qu'hier. Je dirais même plus qu'elles l'ont moins parce qu'elles acceptent de déléguer leur parole au profit de professionnels qui doivent penser pour eux (les fameux experts). Elle ne peuvent pas s'exprimer directement en réalité ou alors si elles le font, elles ne sont pas écoutées. Cela ne change guère du paysan qui hurlait tout seul sur la place du village que le Clergé n'était pas légitime. Au fond, personne ne l'écoutait parce que chacun partageait l'idée que le Clergé était une autorité légitime. Un peu comme aujourd'hui certains experts économiques ou scientifiques qui ont toute autorité sur la pensée des pauvres gens comme nous.


     


    Au fond, le discours sur la liberté est terrible parce qu'il suppose que la liberté de parole existe réellement pour tout le monde, sur tous les sujets, ce qui est faux bien évidemment. Ériger la liberté d'expression en liberté fondamentale alors qu'elle n'est que mensonge est, en effet, bien pire qu'une époque qui te fait comprendre que tu n'as pas ton mot à dire. Au moins, ça avait le mérite d'être clair. Je préfère la sincérité aux faux semblants car c'est pour moi digne d'un système totalitaire de te faire croire qu'il t'offre bonheur et liberté alors que ce sont des leurres. Et je suis beaucoup plus effrayé par un Valls qui brandit pour la liberté d'expression et sort son article 49-3 à tout bout de champs qu'un seigneur qui ne te promet rien, si ce n'est qu'il faudra que tu paies tes impôts sur ta récolte. 

    2
    Jeudi 13 Août 2015 à 21:30

    Lorsque je parlais de l'époque où on n'avait pas cette liberté d'expression, je sous-entendais jusque dans les années 1970-80... et évidemment avant, où on se devait de ne jamais critiquer le pouvoir en place, la religion (bon, ça c'est toujours vrai dans une certaine mesure), les notables, le voisin... Ces époques avaient le mérite d'être claires : la liberté d'expression n'existait pas. Tout le problème est arrivé lorsqu'on a essayé de faire croire que tout le monde pouvait s'exprimer et dire tout haut ce qu'il pensait. C'était un piège. Et certains continuent de tomber dedans à pieds joints ! Aujourd'hui, il y a ceux qui croient encore qu'elle existent et qui prennent des risques, même à de tout petits niveaux, et ceux qui font tout pour qu'on continue à croire qu'elle existe parce que ça rassure le petit peuple.

    Une fois qu'on a capté qu'elle n'est qu'illusion, pas mal de choses prennent tout leur sens comme, en effet, les décisions des gouvernements divers et variés. Entre autres. Mais pas seulement... au quotidien aussi, dans la vie, il vaut mieux éviter de trop en dire et d'aller à contre courant car, on ne sait jamais... Beaucoup de nos concitoyens auraient une place de choix dans les années 40 (1940, évidemment). 

    3
    Karleman
    Samedi 15 Août 2015 à 20:31

    Si. 

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