• Discussion anodine avec des collègues. Quelqu'un expliquait qu'il n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds et que, lorsqu'il était dans son bon droit, il n'hésitait pas à le faire savoir. Et il obtenait gain de cause. Ma réaction spontanée a été :"Ouais mais moi, je ne sais jamais si je suis dans mon bon droit ou pas." Ma réaction m'a surprise. Je ne m'étais jamais posé le problème de cette façon et pourtant, c'est ça : je suis incapable de savoir si j'ai raison ou tort dans la plupart des situations de la vie courante. J'ignore donc si j'ai le moindre droit de défendre ma position. Et, si j'ose le faire, je le regrette très vite. Presque toujours. 

    Et vous, arrivez-vous à être sûr de votre bon droit ? Savez-vous quand vous avez raison, vraiment raison ? 


    9 commentaires
  • Un jour, quelqu'un m'a dit que j'avais disparu. Pourtant, j'étais bien là. Il me semblait être là. Mais ce n'était pas moi. Enfin, pas tout à fait. Il y avait mon esprit. Je m'étais effacée. Je me suis effacée. Petit à petit. Lentement mais sûrement. C'est ça : je m'efface. Je continue. Jusqu'à devenir moins que rien. Si je me perds de vue, c'est normal. Il y a bien longtemps que j'ai disparu. Je suis une ombre, une poussière, un souvenir peut-être. Souvenir de ce que j'étais. Ou de ce que j'aurais pu devenir. Quand tout était encore possible. Je suis devenue floue. Vieille photo ratée planquée au fond d'un tiroir. Un jour, quelqu'un m'a dit que j'avais disparu et je ne l'ai pas cru. Enfin, pas tout à fait. J'ai vaguement cherché sans vraiment me trouver. Comment peut-on s'évaporer ? Comment ? Oh, ça prend du temps... Au début c'est pénible et puis ça devient une habitude. Un rituel. Un réflexe. On n'y prend plus garde. Il n'y a même plus d'effort. C'est naturel. Devenir une absence. Se faire oublier. Et puis, s'oublier soi-même, ou presque. C'est le risque. Jouer, toujours jouer, endosser un rôle, se glisser dans un personnage, dans une sorte de peau trop grande ou trop petite mais ne pas être soi. Jamais. Plus jamais. Ou pas encore. Vieille photo floue que l'on a froissée parce qu'elle était ratée. On aura beau faire, elle restera toujours floue et froissée. Pourtant, dans l'objectif, au départ, l'image était nette. Mais il y a eu ce mouvement de trop. Un geste de la main. Un rire moqueur. Le résultat est là et c'est foutu. Alors, oui, je me suis effacée et j'ai disparu, quelque part entre ce que j'étais et ce que j'aurais pu devenir. Quelque part entre l'objectif et le cliché. Entre eux, avec leurs grandes gueules pleines de mots assassins et moi qui n'avais pas la force de résister. On ne construit rien sur du vide. On reste en suspens, c'est tout. 


    9 commentaires
  • Il est normal d'avoir peur des chiens lorsqu'on a été mordu ou de ne pas être à l'aise en voiture lorsqu'on a été victime d'un grave accident. Tout le monde peut comprendre ça. Mais comment expliquer que le foot puisse me faire mal ? Comment le faire comprendre surtout ? J'ai vécu l'une des pires journées de ma vie le 12 juillet 98. Depuis, le mot "foot" me renvoie à cela. La chanson fétiche de l'époque me met les larmes aux yeux systématiquement, même encore aujourd'hui. Et même lorsque je vais bien et que je ne pense à rien de triste avant ! C'est incontrôlable. Chaque évocation du foot, chaque image me ramène à ce jour-là. Alors, sur FB et twitter, je bloque tout ce qui évoque ce sport. Je fais de mon mieux pour ne pas regarder la télé (sauf mes séries !). J'empêche les élèves de parler foot en classe. Je fais de mon mieux mais en ce moment, ce n'est franchement pas simple !

    Est-ce que j'aurais autant haï ce "truc" sans ce souvenir pénible ? Pour d'autres raisons, sans doute mais ça n'aurait pas remué autant de choses. Vous trouvez ça bête ? Vous avez peut-être raison. Le foot n'est pas responsable de la faillite de mes illusions en ce 12 juillet 98. Seulement, cet événement sportif était tellement inévitable qu'il est désormais indissociable de tout le reste. 


    3 commentaires
  • Il y a des endroits dans ma ville où je ne suis encore jamais allée, ou une fois en 10 ans comme par exemple, la déchetterie. Or donc, cet après-midi, me vlà en route pour ce lieu de moi inconnu. Je dis bien "de moi" parce que les autres...

    Déjà, j'arrive et je ne comprends rien à la signalisation : où suis-je ? d'où viens-je ? Où vais-je ? Des parkings, des sens interdits, des panneaux divers et variés... bref, la pagaille. Soudain, j'aperçois un panneau qui indique où il faut déposer les trucs. Moi c'était des télés (oui, plein). J'approche la voiture, je suis très hésitante, j'essaie de voir où il faut aller pour les télés. Je vois mobilier, gravats, amiante, encombrants... et devant chaque inscription, on peut se garer... sauf que les autres qui arrivent, ils savent où ils vont, eux !!! Donc, je suis plantée au milieu de tout bêtement et les autres, ils arrivent, ils arrivent et limite ils me pousseraient... enfin, ils rentreraient dans ma voiture pour être exacte. C'est le genre d'endroit où, visiblement, tu n'as pas le droit à l'erreur ni à l'hésitation. Je finis par me caser dans un coin. Et je vois un endroit avec plein d'écrans de toutes sortes. Donc, c'est bon, j'ai trouvé.

    Je vais de ce pas me débarrasser de mes vieilles télés et hop, rentrer maison. Mais... eh oui, il y a un mais. Entre temps, une camionnette s'est garée à côté de moi et elle me bouche complètement la vue. Je recule péniblement. Les autres, ceux qui s'y connaissent, sont garés en arrière... évidemment...mais moi, comme y'avait toujours un couillon qui venait se coller à moi, je me suis garée comme j'ai pu, le nez en avant. Donc, je recule péniblement mais il y a sans cesse quelqu'un qui passe à pied derrière moi ou bien une nouvelle voiture qui arrive.

    A un moment, je crois que c'est bon, que je suis sortie de cette galère mais non ! Parce qu'en fait, je suis dans le mauvais sens et il y a un mec qui veut prendre ma place en prime... donc, il m'empêche de faire quoique ce soit... je finis par sortir en prenant à droite, je vais au bout de l'espèce de parking où on dégage les objets divers et variés et je fais demi-tour... et c'est encore raté ! Je suis encore dans le mauvais sens (ce serait un jeu vidéo, j'entendrais "Wrong Way, wrong way !!!") et un autre utilitaire avec des gens qui apparemment passent leur vie dans ce lieu aussi pratique que pénible me bloque à nouveau la route. Le conducteur me fusille du regard... je passe... je ne comprends décidément pas ce qu'il faut faire pour sortir de ce putain de truc. Lorsque enfin je vois une flèche qui indique la sortie, de ma droite déboule l'utilitaire de tout à l'heure (faut suivre, hein !) qui me passe devant et le conducteur me refusille du regard !

    Bref, leçons du jour :

    - tout le monde est censé connaître la déchetterie.

    - ceux qui connaissent font tout très vite : roulent vite, se garent vite, jettent vite leurs trucs (et ils savent très bien où !) et se barrent vite.  

    - tu n'as pas le droit de ne pas connaître, c'est mal.

    Je vais être amenée à y retourner ( no ) donc, la prochaine fois, je fais comme eux, ceux qui connaissent, les spécialistes : je fonce partout, très vite ! Ou alors, je me prépare une affiche que je colle sur la voiture : JE VIENS ICI POUR LA PREMIERE FOIS, ALORS UN PEU D'INDULGENCE... merde

     


    5 commentaires
  • Bon, bon, bon... Je crois qu'il ne faut pas se voiler la face : c'est une période creuse. Déjà, je n'ai rien écrit depuis un bout de temps ici (ou ailleurs, même pas un brouillon, rien ! Nada ! ). C'est pas bon signe !

    Ensuite, ce n'est pas que quelque chose va mal, non... c'est plutôt que rien ne va bien. Tout à l'heure encore, je parlais de catastrophe dérisoire et c'est un peu ça. Oh, vous connaissez certainement aussi. Ce sont ces moments où il n'y a objectivement aucune raison valable de se plaindre et pourtant, tout va de travers ou, en tout cas, pas droit. C'est comme ça depuis quelques jours. Ce que j'entreprends foire lamentablement. Tout ! Rien ne marche comme je voudrais, comme c'est prévu, comme il faudrait. En conséquence, j'ai même du mal à entreprendre d'entreprendre quoique ce soit. A part dormir. Ça c'est bien. Et au moins, il n'y a pas trop de risque d'être déçue. Quoique... je serais bien capable de rater mes rêves... 

    Pourtant, aujourd'hui, une sorte d'élan de volonté m'a poussée à aller proposer mon bouquin dans une librairie. J'y songeais mais je n'osais pas. Là, j'ai osé. Sauf que je suis dans le creux de la vague pour tout ! J'aurais dû y songer avant ! Donc, comment espérer que ça va se passer différemment ? Tiens, rien que ce que je pensais faire pour expliquer ma démarche et tout ça... eh ben, ça n'a pas pu avoir lieu puisque la personne responsable n'était pas disponible. Je comptais lui exposer mes idées, mes projets, mes envies. Lui faire comprendre que ce n'est pas juste une lubie comme ça, passagère, que j'écris depuis longtemps... Bref, vendre mon truc, quoi. Mais rien n'a été possible. La fille de l'accueil, bien aimable ma foi, m'a expliqué que la responsable ne pouvait pas me recevoir, que c'était difficile, qu'elle avait des rendez-vous... J'aurais dû partir en disant que je repasserai de temps à autre mais non, je suis restée et j'ai un peu insisté. Donc, elle m'a demandé mes coordonnées et j'ai laissé un exemplaire pour qu'elle jette un œil quand elle aura du temps. Ça ressemble un peu à "Merci pour votre CV. On vous contactera." J'aurais dû attendre. Attendre d'avoir basculé du côté clair de la force. 

    En plus, je me connais. Si elle ne me rappelle pas ou bien qu'elle me rappelle pour me dire qu'elle a regardé mon livre mais qu'il ne rentre pas dans les critères de ce qu'elle a l'habitude de vendre et bla bla bla, je vais me dire que ça ne sert à rien d'écrire.

    Ah ben oui. Je suis comme ça. Que des collègues/copains/amis me disent que mes nouvelles sont agréables à lire est une chose, agréable à entendre, évidemment. Mais, là, j'ai osé mettre le nez, enfin, plutôt un orteil, chez des professionnels, des gens qui voient passer des tas d'ouvrages et qui vont se demander comment j'ai pu avoir cette audace. Alors, gentiment, ils vont me renvoyer dans mes pénates avec mes p'tites histoires en me rappelant que j'ai la chance d'avoir un autre métier pour subvenir à mes besoins... Pourquoi en serait-il autrement ? Hein ? Parmi les millions de gens qui écrivent, comment puis-je encore avoir l'idée que ça pourrait les intéresser dans cette grande librairie ? J'aurais vraiment dû attendre... la saint glinglin. 

    D'ici cette fameuse fête qui n'arrive jamais, j'aimerais bien qu'il se produise un truc positif afin d'avoir un peu envie de me réveiller de temps à autre ! 

    ps : c'est bien ce que je craignais... refusé. 


    11 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique