• L'art de se faire plaindre

    Un truc m'a toujours fait marrer... enfin non, agacée... ce sont ces gens qui, lorsqu'on leur dit qu'on a mal quelque part ou qu'on a une maladie, ont toujours eu pire, plus grave, plus douloureux, plus... comme s'ils ne supportaient pas que les autres aussi puissent être malades, comme si c'était cool de l'être, comme s'il n'y avait qu'eux de malades au monde. Les vraies et grandes douleurs sont muettes et effectivement, ce sont les gens qui ont de vrais problèmes qui sont les plus discrets au contraire de ces pleureurs du dimanche... Et je suis plutôt admirative de ces gens qui vivent des choses très dures et qui, malgré tout, ont la pêche et ne font quasiment jamais sentir qu'ils vont mal.

    Et puis, entre les deux, il y a les petits bobos du quotidien qui n'engagent à rien mais qui sont pénibles. On a envie d'en parler parfois, juste pour dire et c'est là qu'interviennent des chieurs qui se croient obligés de préciser qu'ils ont BIEN PIRE !!!

    J'ai eu une collègue comme ça... tu disais "lumbago", elle te répondait "vertèbre cassée", tu avais mal à une dent, elle c'était un abcès qui avait mal tourné, tu te plaignais d'un simple rhume (oui, parce que les rhumes ça énerve et ça fait du bien d'en parler même si ça change rien, on est d'accord), elle avait une méga bronchite et pile au même moment dis-donc(sauf qu'elle toussait pas mais ça devait être très intériorisé, je suppose)... Alors, parfois, c'est vrai, on peut être malade en même temps comme par exemple en cas d'épidémie mais, on pouvait être sûr que là, sa grippe à elle aurait été plus grave que celle de tout le pays !

    Alors, je ne dis pas qu'il ne faut pas en parler, pas du tout, puisque ça peut être intéressant de comparer des symptômes qu'on peut avoir avec ceux d'une autre personne, surtout si tout s'est arrangé pour elle.

    Je me souviens aussi d'un collègue qui avait eu des vertiges assez impressionnants, au point qu'on avait pensé à des trucs très graves et qu'en fait c'était juste les cristaux de l'oreille interne qui divaguaient. J'ai eu ça aussi (pas plus grave que lui, hein) et j'ai apprécié d'en parler avec lui parce qu'il comprenait ce que j'avais ressenti et comme ça lui était arrivé avant moi, j'étais curieuse de savoir si c'était revenu ou pas... Bref, une conversation utile, quoi... surtout qu'il avait été moins bien dirigé que moi donc, j'avais pu le conseiller sur ce que j'avais fait au cas où ses vertiges reviendraient.

    L'autre, ses conversations monologuées n'étaient pas utiles puisque, quoi qu'il arrive, c'était toujours pire et c'était elle qu'il fallait plaindre... si elle entendait le moindre murmure pour plaindre quelqu'un d'autre, hop, elle déboulait dans la conversation et expliquait qu'elle c'était pire, plus grave, plus tout et que si on devait plaindre quelqu'un, si quelqu'un avait une vie de merde, c'était bien elle ! Les autres, leurs problèmes, c'était, en comparaison du pipi de chat et aussitôt, l'attention de tous était tournée vers elle... Elle avait gagné...On lui disait "Oh ma pauvre, comme c'est triste, comme c'est dommage... et comment tu fais ? Tu vis ça bien ?" Et là, elle pouvait s'en donner à cœur joie et récolter lamentations et soutiens pendant que la personne qui sans doute avait réellement un problème était oubliée... ou pire, puisque cette personne n'était pas aussi égocentrique, c'était elle qui se mettait à compatir avec la chiante, laissant de côté ses propres problèmes... Le monde à l'envers...

    Comme je suis un peu très hypocondriaque (et ça aussi ça me gonfle grave sévère !), j'aime bien parler avec les gens mais pas pour qu'on me plaigne, plutôt pour qu'on me rassure. Je glane ici et là des infos sur telle ou telle maladie histoire de savoir de quoi il est question, au cas où... Quant à mes problèmes de santé, j'en parle, peut-être trop aussi, je ne m'en rends pas compte... Mais, je ne crois pas être de ces gens qui se précipitent pour essayer d'attirer la pitié. Le plus souvent, je constate... j'explique aussi que je ne peux pas faire ci ou ça à cause de tel ou tel truc mais, voilà, c'est parce que pense que dans certaines situations, on peut se demander pourquoi je ne veux pas faire telle ou telle chose.

    Je compare aussi avec d'autres mais, pas pour dire "Moi, c'est pire" parce que là, on est un peu dans le bac à sable de la maternelle... (juste une fois où j'avais une copine qui se plaignait que les crampes sont les douleurs les pires qui existent, je m'étais permis de signaler qu'un coude qui se déplace, c'est pas mal aussi dans le genre... mais, c'était anecdotique !), non, je compare parce que parfois ça permet de relativiser et/ou de récolter des astuces !

    Mais, dans l'idéal, j'aimerais ne pas avoir à en parler et donc, surtout pas à me faire plaindre ! Et si quelqu'un sait comment on peut éviter l'hypocondrie, je suis preneuse parce que ce défaut-là, il devient insupportable !!! Presqu'autant que celui de vouloir se faire plaindre pour exister !

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 4 Novembre 2012 à 12:01
    José61

    Oui mais moi je ne suis jamais malade moi...

    2
    Dimanche 4 Novembre 2012 à 12:03

    Ça c'est cool José ! Même pas un tit rhube de temps en temps ???

    3
    Dimanche 4 Novembre 2012 à 12:11
    José61

    Ah oui, les foins, les chats, les chatons, les félins domestiques, etc...

    4
    Dimanche 4 Novembre 2012 à 12:15

    Tsss, tsss, tu as réussi à le placer ! T'es fier, hein ?

    5
    Dimanche 4 Novembre 2012 à 12:27
    José61

    Oui, je suis le plus fier!

    6
    Dimanche 4 Novembre 2012 à 12:32

    Ben tiens, tu m'étonnes !

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