• Edith Piaf

    Etrange hasard tout de même que cette "rencontre" ou plutôt cette redécouverte de Piaf dimanche dernier, dans l'émission de Michel Drucker qui lui rendait hommage. Je n'ai jamais apprécié cette artiste, jamais. Et ce n'est pas faute de l'avoir écoutée, depuis toujours... Elle représentait, selon moi, l'image de l'alcoolique, allez savoir pourquoi... et, à une certaine époque de ma vie, savoir ou même penser que quelqu'un était alcoolique le rendait aussitôt absolument infréquentable, de près comme de loin. Je n'ai même plus cherché à écouter Piaf dès lors, elle n'existait plus, je me bouchais les oreilles afin de ne surtout pas me laisser même un instant emporter par son talent.

    Et l'autre soir, pourquoi soudain ai-je accepté de me laisser envahir par cette voix phénoménale ? Pourquoi ai-je ressenti cette émotion indescriptible en écoutant cette voix incroyable que je connaissais pourtant depuis si longtemps ? Pourquoi ai-je compris que depuis tant d'années j'avais raté quelqu'un ? Pourquoi aujourd'hui Edith Piaf me touche-t-elle ? Ce que je trouvais ridicule me semble soudain merveilleux, ses gestes que je n'aimais pas me prouvent aujourd'hui à quel point elle vivait ses chansons passionnément. Et cette interview où elle explique que si elle ne pouvait plus chanter elle n'aurait plus vraiment de raison de vivre m'a émue, comme si je la comprenais soudainement. J'ai adoré aussi cet espèce d'amalgame qu'elle fait entre l'amour et la chanson comme si l'un allait avec l'autre et qu'en perdant l'un elle perdrait l'autre... Tant de passion dans le regard, tant d'amour pour son art à l'aube de sa fin. J'ai trouvé ça véritablement émouvant... je me suis sentie bouleversée par cette femme envers qui j'avais fnalement été si injuste, je me sentais presque coupable de ce jugement de jeunesse qui m'était resté.

    Depuis j'ai réécouté ses "tubes" et de nouveau cette voix m'a emportée. C'est sublime... et on atteint le summum de l'émotion avec le fameux "Mon Dieu"... quel chef-d'oeuvre ! J'en ai des frissons rien que d'y repenser. C'est mieux et plus profond que la plus vraie des prières, c'est un cri du coeur, ou même un cri de l'âme. On ressent dans sa voix cette déchirure qui l'a detruite et c'est véritablement rare. On se sent presque "voyeur" tellement on est dans l'intimité de sa douleur. On touche au sacré, à l'indiscible, à l'humain dans tout ce qu'il a de plus vrai et de plus profond.

    « Une définition de l'amourEncore Jean Guéhenno »

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