• Début de roman (1)

    Voici un texte qui aurait pu être le début d'un roman, qui aurait dû l'être même mais je ne suis pas allée beaucoup plus loin... J'en ai plusieurs comme ça... bizarre que ce projet n'aille jamais au bout.
    Une fenêtre éclairée, une chambre allumée, une présence dans la soirée, tard dans la nuit aussi. Et puis, les volets qui se ferment, il est minuit, une heure ou même deux… Je ne dors pas, j’attends, j’observe de temps en temps… Je surveille, je veille… je me lève plusieurs fois pour juste apercevoir cette lueur dans la chambre et puis une fois que les volets sont fermés je m’endors, rassurée. Je dormirai bien. Je respire, j’ai le cœur plus léger, enfin… Toute la soirée, j’ai craint qu’il ne sorte de chez lui, que la lumière s’éteigne et qu’il ne ferme pas ses volets avant l’aube…
     
    Dans ces cas là, la nuit était horrible… peuplée de cauchemars et d’angoisses. L’attente du lendemain où, dès le petit jour, j’allais me renseigner… essayer de savoir où il était cette nuit, comprendre son absence. Une autre angoisse si j’apprenais qu’il était en boîte de nuit ou au cinéma. Un soupir de soulagement s’il était simplement dans le salon en train de regarder la télé. Obsessionnelle angoisse ? Certainement. Folie latente ? Possible. Une douleur intense, réelle, lancinante… la douleur du doute et plus que tout la crainte de l’abandon comme si une seule nuit d’absence pouvait me rayer de son esprit, de son cœur et de sa vie. C’était un mal que je ressentais physiquement, une atroce douleur diffuse mais tellement présente. Impossible à calmer. Impossible d’oublier qu’il était quelque part, dehors, avec des gens fascinants qui lui feraient oublier jusqu’à mon existence. C’était une évidence. Chaque sortie, chaque soirée passée dehors lui permettrait de me rayer de sa vie. Je n’ai jamais compris ce sentiment, je ne l’ai jamais vraiment accepté non plus. Honte. Regrets. Remords. Incompréhension. Panique. Désespoir. Jamais il ne devait le savoir, il aurait cru que j’étais mentalement dérangée. Etait-ce le cas ? Peut-être. Pourtant j’avais conscience de cet état d’esprit et de tout ce qu’il y avait d’anormal à penser ainsi, à être ainsi. Mais j’étais incapable de me contrôler. Etait-ce simplement l’effet de la jalousie ou bien cela allait-il plus loin ?
     
     J’aurais tout donné pour que ça s’arrête, pour que cesse la douleur et pour que la sérénité revienne en moi. Même en sa présence, il me manquait déjà et je craignais déjà la nuit suivante. Je savais que j’allais encore la passer à veiller, surveiller et m’angoisser. Terreur nocturne. Abandon inévitable et définitif. Ma vie serait devenue vide sans lui, je n’aurais plus eu de raison de vivre, plus aucune… je pouvais passer mes nuits à l’attendre mais si un jour je n’avais plus personne à attendre ? La fenêtre ne s’éclairerait plus, les volets ne se fermeraient plus, il serait parti…
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