• De l'incapacité à dire...

    Professeur de français de mon état, je suis, aussi paradoxal que ça puisse paraître, bloquée par l'oral. Je fais mes cours et je suis même capable de parler des heures entières devant les parents d'élèves, de parler sans aucun trac, rien, pas un soupçon de gêne. Idem pour les cours que je fais. Je prends la parole, je la monopolise ou non, je parle sans souci... Entre collègues, entre amis, je ne pense pas être du genre "timide", même si au premier abord, je préfère écouter que parler afin de me faire une idée de qui est en face de moi. Mais... ça se corse dès qu'il s'agit d'aborder des sentiments, des choses sérieuses. Je n'arrive pas à dire les choses telles que je les vis. C'est impossible. Mes idées s'embrouillent, je finis par dire tout et n'importe quoi, je dévie du sujet principal et je peine pour y revenir. J'ai l'impression d'avoir un embouteillage de pensées à l'entrée de ma bouche et que rien ne peut sortir, sinon, déformé, transformé, métamorphosé, minimisé ou exagéré, bref, loin de la vérité... Ce n'est pas que je mente, non... c'est juste que je n'arrive pas à dire ce que je voudrais dire. J'ai peur de blesser, d'être mal comprise, d'être jugée. 

    Qu'on se trompe sur mes intentions est pour moi l'une des pires choses qu'on peut me faire. Or, souvent mes mots s'entrechoquent tellement que c'est ce qui se passe. A force de marcher sur des oeufs, je finis quand même par tout écraser, tout démolir. Et si je veux être agressive, en colère, méprisante... c'est encore pire. Je bafouille, je me trompe de mot, je me perds dans mon raisonnement, je me contredis, bref... là encore, je suis incapable de faire passer le message souhaité. Je m'entends débiter des tonnes de conneries et j'essaie de me contrôler... mais c'est impossible. A un moment ou à un autre ma pensée et mes sentiments seront victimes de ma prise de parole orale. Alors, je me tais ou bien j'écris... souvent... pour expliquer ce que je pense, ce que je ressens qui reste toujours bloqué entre mon cerveau et mes lèvres mais qui parvient à prendre forme, plus ou moins, lorsque mes doigts se laissent aller sur un clavier... ou que je prends la plume pour noircir quelques pages. Alors, bien sûr, aucune spontanéité possible, une certaine forme de lâcheté aussi. Des paroles toujours réfléchies mais tellement plus vraies que le charabia incompréhensible qui m'échappe lorsque je cherche à parler de moi...

    Ma bouteille à la mer a été lancée dans un élan de courage mais il m'en faudrait cent fois plus pour aller au bout et dire les choses telles que je les ressens...
    « Savoir ou pas ?La fin d'une aventure »

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  • Commentaires

    1
    Mardi 9 Octobre 2007 à 21:26
    Sérénité
    Tu dis ici Béatrice que ce n'est qu'en te taisant ou en écrivant dans ces moments pour parler des choses émotives que tu peux te laisser aller... tu as jeté ta bouteille de SOS oui... mais tu ne te laisses pas aller Béatrice. Tu ne parles qu'en surface et non en profondeur. Tu te retiens même dans ton écriture face à tes sentiments. Certes tu les exprimes juste assez pour que nous sentions que tu es triste ou dépassée de quelque chose. Mais tout ceci reste bien vague, tu ne plonges pas dans le problème réel. Et cela te perturbe autant car il reste dans ton esprit et dans ton coeur. Béatrice depuis le début de mes communautés tu y fais partie et je vois que tu es bien malheureuse depuis les derniers temps. J'aimerais bien pouvoir t'encourager, te motiver, t'apporter un certain réconfort... mais je ne sais pas quoi parce que je ne sais pas à quel point tu es dans cet «état». De plus, je ne sais même pas si tu as des proches ou amis autour de toi qui puissent t'aider et dont tu pourrais te laisser aller... fonce Béatrice et trouve un moyen avec une personne près de toi afin de vider ton esprit de tout cela...
    2
    Jeudi 11 Octobre 2007 à 11:40
    déjà tu vas mieux, ça se sent au ton des mots ! après pour le reste, bah ne cherche pas la perfection, c'est tout. Tu es bien comme tu es, arrêtes de te prendre la tête. Bises
    3
    Vendredi 12 Octobre 2007 à 12:12
    Steutelings Thierry
    C'est vrai, qu'en écrit tu es très très forte. Tu sais doser tes messages, en restant polie, tu sais piquer la personne, là où il faut et c'est une grande maitrise que tu possèdes. Moi, quand je dois piquer quelqu'un, j le pique aussi là où il faut, mais, dans l'état de rage ou d'énervement du moment, où j'écris le mot ou la lettre "tout dépend si c'est sur le net ou par courrier", ça chauffe. Rien, qu'en écrivant le texte, je fulmine comme si j'étais en face de la personne. D'ailleurs, quand j'écris, j'écris comme si je parlais devant la personne "je parle par écrit en fait" et comme je m'énerve vite "suivant le pourquoi" mes mots et mes lettres, sont assez chaudes. 
    Je peux parler, avec et devant certaines personnes, mais, si c'est une discussion ou une dispute... Que ce soit Jean, Jacques, le Pape ou le Président... c'est pareil et je ne me retiendrais pas. Je ne sais pas, me controler, lors d'une discussion ou dispute. C'est un de mes gros défauts, "ne pas savoir me controler, dans ces moments là" et je deviendrais assez vulgaire, si ça va trop loin. Je sens, à l'intérieur de moi, une rage, ça me prends au niveau de l'estomac, et ça monte et quand ça arrive, tout sort belles comme laides. Est ce, à cause de mon épilepsie ? Je ne sais pas, si les autres c'est comme ça ?
    Moi aussi, je suis "comme dit J. Courbet" SANS AUCUN DOUTE beaucoup plus fort par écrit que par la parole. Pourquoi ???
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