• Alors voilà, j'ai découvert qu'une start-up vient d'être montée dans le but de proposer des devoirs rédigés par des professionnels, pour les enfants ou les étudiants. C'est bien sûr un service payant. Ça va du collège au Master et ça coûte de 7 à 24€ par page selon le temps que vous donnez à votre "rédacteur" et selon le niveau visé, évidemment. Donc, au lieu de perdre du temps à travailler, réfléchir, réviser... à l'ancienne, les jeunes pourront payer, glander et rendre dans les temps de merveilleux devoirs à leurs professeurs trop exigeants. 

    Cela sous-entend que le prof, au collège ou au lycée surtout, n'a pas conscience de ce dont sont capables ses élèves et qu'il ne sera jamais surpris de voir d'un coup les capacités de certains devenir exceptionnelles dès qu'il s'agira d'un devoir maison. J'imagine bien le gamin incapable de faire une simple multiplication en cours qui rendra un devoir parfait avec des équations à 3 inconnues, des primitives ou des probabilités. Le stress du prof, sûrement. Ça bloque tout. J'imagine aussi les graphiques selon que le devoir aura été en classe ou à la maison : 2/20 - 18/20 - 1.5/20 - 19.5/20... Yoyo quand tu nous tiens... 

    Là où ça craint un peu quand même, c'est en fac, par exemple de médecine (j'ai vu, c'est dans la liste)... le mec, il arrive à aller au bout avec ce système parce que papa et maman ont les sous pour payer et hop, le vlà propulsé médecin... ça va être rigolo, tiens. 

    Je me demandais si, par hasard, quelqu'un ne pourrait pas réaliser la même chose mais pour des résultats sanguins. J'vous explique : à chaque fois que je vais faire une prise de sang, je stresse à mort. Je ne dors plus, je ne mange plus, je ne vis plus, bref, je fais une phobie médicale. Donc, pour éviter tout ça, je me disais que ce serait cool qu'ils inventent le même système sauf qu'au lieu de demander des devoirs, ce serait des résultats d'analyses parfaits. Selon le prix, tu pourrais choisir d'avoir un taux de cholestérol idéal par exemple. Ensuite, ça t'éviterait d'avoir à prendre un traitement super chiant. Et puis surtout, plus de stress d'avant/après les analyses ! Imaginez le bien-être pour tous ceux qui ne supportent pas les prises de sang ! Ceux qui s'évanouissent à la vue du sang, ceux qui ont mal quand on les pique, ceux (comme moi) dont on ne trouve pas les veines. Non, vraiment, c'est à creuser !

    Et, surtout, si un jour j'ai affaire au médecin propulsé par le site évoqué plus haut, il n'y verra que du feu à mes magouilles sanguines ! 

     

    ps : au cas où certains lecteurs prendraient au sérieux ma suggestion, c'est évidemment de l'humour noir, hein... 

     


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  • Les choses étaient plus simples avant, je trouve. Il ne me semble pas qu'on "moralisait" tout comme on le fait aujourd'hui avec cette espèce de supériorité condescendante qui a tendance à se généraliser. A écouter certaines personnes, il ne faudrait plus rien fêter, plus rien faire parce que c'est commercial, parce que c'est cruel envers les animaux (et pourtant j'aime les animaux), parce que c'est religieux, parce que, parce que, parce que... 

    Chez moi, on n'a jamais rien fait de grandiose pour Noël mais on "marquait le coup". Je ne suis pas croyante mais c'est une fête que je trouve "jolie". Plein de couleurs et de lumières partout. Ça change un peu du quotidien gris et terne. Dans un pays laïc, il ne faudrait plus dire Noël mais juste "bonnes fêtes de fin d'année" sauf que, si on y réfléchit, dans ces cas-là, il n'y a qu'une seule fête de fin d'année, c'est le 31 décembre. Donc, pourquoi mettre au pluriel ? Et puis, supprimons les jours fériés catholiques aussi, tant qu'on y est. Je suppose que les moralisateurs trouveraient ça beaucoup moins rigolo lorsqu'on leur annoncerait qu'ils n'ont pas de week-end à rallonge à l'Ascension pour se barrer quelques jours loin de leur train-train quotidien. Ah ben oui, faut penser à ça aussi. Il n'y a pas assez d'armistices à célébrer pour arriver à un compte équivalent de jours fériés laïcs. C'est con. Je sais. Mais j'ai rarement vu les moralisateurs réclamer moins de jours fériés, bizarrement. 

    A force de voir le mal dans toutes nos traditions sous prétexte qu'elles sont chrétiennes, on risque de perdre pas mal de choses, y compris notre identité. Vilain mot, je sais. L'agnostique que je suis n'a jamais été choquée de cela. Nous avons une identité et certaines fêtes comme Noël en font partie.Bien que je n'aie jamais fêté Noël de façon fastueuse,  ça me ramène quelques instants en enfance, lorsqu'on attendait le Père Noël, les cadeaux, tout ça. On mangeait des trucs différents, on avait le droit de veiller plus tard et de regarder des péplums, "Sissi" ou bien"Autant en Emporte le Vent" à la télé. Et puis, renoncer à notre identité, pour nous les Bretons, même pas en rêve... On n'a pas envie d'un monde uniformisé, surtout celui qui consisterait à tout supprimer pour les causes plus ou moins bidon évoquées plus haut. Ce serait d'un triste ! 

    Pourtant, à entendre certains, il ne faudrait plus parler de Noël, ok. Alors, pourquoi parler du Nouvel An ? Chaque année, on se souhaite des trucs qui n'arrivent jamais alors, ça sert à quoi ? A se retrouver entre amis ou en famille. Ah tiens... et si Noël c'était aussi ça l'important ? Si juste pour ça, ça valait le coup ? C'est sûr qu'il y a des gens qui sont seuls mais je ne suis pas persuadée que ce sont eux qui fustigent Noël. Non, ce sont les mêmes qui méprisent plein d'autres trucs parce que, de nos jours, le mépris de certaines "vieilles valeurs" ça fait bien. Ça prouve qu'on est plus intelligent, plus cultivé, plus conscient de la réalité du monde... Bref, mieux. Je sais, on va dire que je suis réac' puisque, là aussi, quand on n'a plus d'arguments, il reste au moins celui-là. A force, il ne veut plus rien dire d'ailleurs... 

    Chacun est libre, il me semble, de fêter ou pas Noël ou le Nouvel An, ou Pâques, ou l'été, le printemps, l'hiver, les cerises, les fleurs, les voitures, les poissons.. tant que l'on n'essaie pas de culpabiliser les autres ou de gâcher leur plaisir. Si demain j'avais quelqu'un dans ma vie, peut-être que j'irai fêter la St Valentin histoire de... Ou pas. C'est une fête qui m'agace un peu en tant que célibataire à perpétuité mais, si ça fait plaisir aux amoureux, why not ?

     

    C'est épuisant tous ces gens qui "savent" mieux, qui "vivent" mieux, qui "comprennent" mieux... Dès qu'on fait quelque chose de sympa, de nos jours, il y a systématiquement un rabat-joie pour venir nous expliquer que c'est mal. Et si c'était juste le fait d'être rabat-joie qui était une plaie dans la société ? Si certains pensent qu'ils vivent mieux que les autres, c'est parfait. La plupart des gens font de leur mieux, c'est tout.

    Même si c'est commercial et artificiel, profitons de quelques jours pour nous faire du bien, pour vivre quelques petits bonheurs sans nous prendre la tête avec des considérations morales ou politiques qui, il faut bien l'admettre, commencent à faire chier, tout simplement. 

    Alors, je vous souhaite un très Joyeux Noël... et puis un joyeux réveillon d'abord. Je pense à ceux qui n'ont pas la chance d'avoir de famille ou qui traversent des moments difficiles. Je leur souhaite de trouver quelque part un petit rayon de lumière. 


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  • "Ne crie pas." Combien de fois j'ai entendu ma mère m'ordonner cela quand j'étais petite. Je l'ai aussi souvent entendue dire ça lorsqu'elle avait en garde des enfants. Dans l'appartement, c'était "Ne crie pas, tout l'immeuble n'a pas besoin de t'entendre." et dehors c'était "Ne crie pas, les gens te regardent !". Pourtant, je ne criais pas. Enfin, peut-être que je parlais un peu plus fort que d'habitude, voilà tout. 

    Aujourd'hui, pourquoi faut-il que les gosses hurlent partout ? Dedans, dehors, en privé, en public... Je suppose qu'il ne faut pas les brimer sur cela non plus. Ils veulent s'exprimer, qu'ils le fassent. Sinon, ils vont finir en psychothérapie. A mes élèves, je le dis souvent tellement il est naturel et normal, même lorsqu'ils sont à 15 cm de moi, de hurler. Une sorte de mode de fonctionnement normal, sans doute. Lorsque je leur demande de ne pas me hurler dessus, ils me regardent comme si c'était la toute première fois de leur vie que quelqu'un osait mettre un frein à leurs cris injustifiés. 

    Quand on passe entre les rangs, dans la cour, il n'est pas rare de se faire démolir les tympans par des gamines qui poussent soudainement des cris stridents... soit parce qu'elles ont vu une copine, soit parce qu'un garçon les a touchées, soit parce qu'elles ont juste envie de brailler, d'un coup, comme ça. 

    Est-ce complètement de leur faute ? Probablement pas. D'abord certains parents les laissent faire pour leur permettre de se développer correctement. Mais les émissions de TV sont remplies de ça aussi. Surtout celles que les ados regardent. On ne parle pas : on hurle. Et puis, les pubs aussi. En ce moment, il y en a plusieurs qui m'obligent à couper le son tellement elles sont insupportables ! Je crois que je pourrais tuer les abrutis débiles qui me vrillent les oreilles à ce point-là. 

    J'aime le calme, le silence, les gens qui parlent doucement... et on peut tout aussi bien dire les choses en s'exprimant ainsi qu'en hurlant, non ?


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  • Voilà plusieurs années que j'utilise le scan-achats d'une grande marque de distribution originaire de Landerneau, en Finistère. Sur ces nombreuses années, pas une seule erreur, rien. Seulement voilà, il y a 15 jours, on m'annonce une relecture des achats et une hôtesse de caisse se plante. Pas de sa faute, hein, j'dis pas. Errare caissierum est. J'avais vu que j'en avais pour 28€ et là, elle me dit que je dois 32€. Aussitôt, je jette un oeil au ticket et je constate qu'elle m'a facturé 2 cagettes de tomates coeur de pigeon (celles que je préfère !) au lieu d'une. Je lui signale poliment son erreur, sans l'accabler puisque je sais bien que ça peut arriver. Elle me dit d'aller voir à l'accueil du magasin et en quelques secondes, le souci est réglé. 

    Quelques jours plus tard, je retourne dans ce magasin. Relecture des courses à nouveau. Ok. Cela faisait plusieurs semaines que je n'en avais pas eu, hormis cette fois où la caissière s'est trompée. Je vide tous mes achats sur le tapis et hop... Deux jours plus tard (oui, pendant les vacances, je fais mes courses super souvent parce que j'aime bien), même topo. Bizarre. Samedi dernier, pareil. Et aujourd'hui, rebelote (bon, aujourd'hui, j'avoue, je suis allée exprès pour voir s'il y aurait une relecture). 

    Vu que les caissières ne peuvent rien (sans doute, je veux bien le croire), on me dit d'aller à l'accueil. Là, on m'explique qu'il y a eu une erreur de 4€95 le 8 août. Les tomates. Oui, c'est le jour des tomates. "Ah mais pour les tomates, c'est pas moi, m'dame, c'est la dame de la caisse qui s'est gourée !"... Eh ben, vous savez quoi, la machine ne fait soi-disant pas la différence. D'où les relectures-punitions. Et, manque de bol, la dernière fois, avant celle-ci donc, j'ai oublié de scanner un jus de fruit à 2€ ! Donc, double punition ! "Oui, la caissière s'est trompée mais vous aussi !!!". Sauf qu'ils ne le disent pas. Ils font ensuite leur punition en douce et toi, comme une conne, tu te demandes ce que tu as fait pour mériter ça. Surtout que, si on calcule bien, les autres relectures que j'ai eues avant mon erreur étaient bien dues à celle de la caissière ! Je me renseigne donc sur la durée de ma peine... "oh, ça peut aller jusqu'à 10 relectures puisqu'il y a eu deux erreurs consécutives."... Non, une mais bon, on n'en est plus là. Vous n'allez pas me dire qu'il n'y a pas un moyen pour que leur machine fasse la distinction entre une erreur de la caisse et une erreur du client ! Si je n'avais rien remarqué, ils auraient été bien contents de garder mes 4€95 et ne seraient pas venus me les rendre ! Mais là, pour 1 bouteille à 2€, c'est super grave apparemment !

    En 5 ans d'utilisation du système, j'ai fait UNE SEULE ERREUR ! Je suis donc une criminelle et, vous savez quoi ? Je vais aller désormais, jusqu'à la rentrée, soit 10 jours en gros (putain, 10 jours !) acheter dans cette enseigne une simple baguette et j'espère bien que j'aurai chaque jour droit à ma relecture pour ma baguette !  


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  • Quand la rentrée m'angoisse déjàLorsque j'étais à l'école primaire, la grande angoisse de mes parents était qu'on m'oblige à faire du sport. En effet, mes crises d'asthme très violentes ne me permettaient pas grand chose et les instits se moquaient un peu de tout ça. Heureusement, ma mère, en insistant, obtenait l'autorisation de me garder à la maison ou que j'aille dans une autre classe (c'est ainsi, d'ailleurs, que j'ai acquis des notions de grammaire plus rapidement puisque je les voyais avec les autres élèves lorsque j'attendais la fin du sport dans une classe supérieure). 

    Au collège, même angoisse avec un souci de santé supplémentaire. Mon médecin avait fait un certificat médical mais, hélas, les profs de sport ne le prenaient pas au sérieux et moi, pour ne pas trop me faire remarquer (j'avais assez d'emmerdes comme ça !) je jouais le jeu, parfois correctement, parfois pas. Un jour, pour avoir voulu "faire comme tout le monde", j'ai bien failli y passer : je ne pouvais plus respirer. Le prof s'en foutait. Ça le faisait plutôt marrer même. Chaque année, il m'a fallu batailler pour obtenir l'autorisation de ne pas faire de sport, non pas avec le médecin mais avec ces profs qui pensaient que je simulais. 

    Au lycée, parfait : le prof ne voulait pas d'élèves dispensés pour l'endurance et la gym. Durant 3 ans, j'ai pu rester chez moi sans risquer quoique ce soit. Au bac, pareil, j'ai pris l'option musique mais on n'a pas exigé de moi quoique ce soit de sportif. 

    A la fac : encore plus parfait ! Là, j'avais choisi mes matières et surtout le sport n'était jamais proposé pour quoi que ce soit. Jamais je n'ai eu besoin de m'expliquer sur le pourquoi du comment, jamais on ne m'a rien imposé. 

    Concours d'instit : je m'inscris et puis je recule parce que je comprends rapidement que le sport (et les maths mais ça, c'est une autre affaire) sont indispensables pour réussir. Donc, bye bye. 

    Capes de lettres : cool. Rien de ce genre. Juste de la littérature, un peu de grammaire, d'ancien français, d'anglais. Je deviens prof. Je suis une adulte. Je suis prof de français. Plus jamais on ne viendra me faire chier avec le sport. Mon boulot sera de dispenser des cours de français, tant bien que mal, certes, mais dans une salle de cours, tranquillement à l'abri. Certaines classes sont "sportives" comme on dit mais c'est un tout autre sport dans lequel je finis par me débrouiller un peu. 

    Je suis dans un collège où sont proposées des options sportives mais je n'en suis pas chargée, évidemment, je ne m'en occupe pas du tout et c'est très bien ainsi. Les gamins sont doués, tant mieux pour eux. Les profs de sport (d'EPS comme on dit...) sont doués aussi, j'en suis heureuse pour eux. Ils s'éclatent, ils ont de la chance et du talent, très bien. Je n'y trouve rien à redire. 

    Sauf que... depuis quelques années, l'air de rien, la prof de français allergique au sport sous toutes ses formes que je suis se retrouve à nouveau obligée de se justifier. On propose des activités randonnée, kayak, machin, bidule. Je ne peux pas me contenter de dire non. On me regarde de travers, plus ou moins. Que d'autres fassent du sport, grand bien leur fasse. Mais je n'aurais jamais imaginé qu'à mon âge il me faille encore expliquer que je ne peux pas faire de sport, que je n'aime pas ça, que certaines choses dont je n'ai pas envie de parler ne me permettent pas d'en faire. Et chaque année, ça recommence. Je n'ai pas envie de me ridiculiser ou de me faire mal (parce qu'on ne sait jamais mais les sportifs ne me croient pas). 

    Pour moi, le sport n'a jamais été et ne sera jamais une bonne chose. La dictature actuelle me dérange au plus haut point. Marcher à mon allure, tranquillement, quand je l'ai décidé, pourquoi pas. Mais c'est tout. Je ne peux vraiment rien envisager d'autre. Aller randonner, crapahuter je ne sais où avec des gosses de 11 ans pleins d'énergie et de souplesse (tout ce que je n'ai jamais eu et que j'ai de moins en moins), non merci. Une fois, il m'a fallu abandonner un groupe d'élèves parce que je ne tenais pas à mettre ma vie en danger en sautant d'un rocher glissant à un autre rocher glissant. J'ai déclaré forfait. On me l'a reproché. Sauf qu'au départ, il n'avait jamais été question de ça : le groupe devait passer par la plage, le sable... mais la marée a fait que et je n'ai pas accepté de sauter partout sur les rochers mouillés. 

    Je me demande ce qu'il faudra que je fasse la prochaine fois, c'est à dire le 1er septembre prochain ! , pour qu'on me foute la paix, qu'on me laisse juste faire mes cours, tant bien que mal. Je ne suis sans doute pas une bonne prof de français mais une chose est certaine, je suis une sportive catastrophique qui, à la base, ne demande rien à personne et tâche, en général, de n'embêter personne avec ses problèmes. 


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