• Coup de gueule (adouci)

    Hier, j'avais écrit un long article et surtout poussé un véritable coup de gueule. Le pire depuis que je tiens ce blog, je crois. Je ne l'ai pas posté. Il ne faut jamais faire les choses sur le coup de la colère. Je le garde en réserve, au cas où... Mais je vais quand même dire, plus délicatement sans doute, ce que je disais dans ce texte :

    Il n'y a pas que dans l'érotisme qu'il y a 50 nuances de gris. Dans la vie aussi. Et des les sentiments encore plus. Il n'y a pas le rire et les larmes, le bien et le mal, l'indifférence et l'empathie. Il y a des centaines de façons d'être triste, joyeux, compatissant... Mes joies ne sont pas celles des autres, pas à la même échelle, pas à la même hauteur. Sont-elles moindres pour autant ? Je ne le crois pas. Et il en va de même pour mes peines. Je ne m'émeus sans doute pas des mêmes choses que tout le monde et pas de la même manière. Il m'arrive d'être touchée par un truc qui passe au dessus de la tête des autres et il leur arrive d'être touchés par quelque chose qui ne m'atteint pas. 

    Depuis quand devrais-je être émue "parce qu'il le faut" ? Depuis quand ne devrais-je plus l'être parce que, quelque part, il y a pire ? Depuis quand dois-je me demander si ma joie ou ma peine sont justifiées aux yeux des bien pensants ? Depuis quand doit-on faire semblant d'être blessé par quelque chose qui ne nous touche pas, simplement parce que c'est un sujet à la mode ? Depuis quand doit-on pleurer pour les inconnus davantage que pour nos proches ? Depuis quand n'y-t-il qu'une seule façon d'être, de penser, de s'émouvoir, de s'amuser, de s'énerver, de réfléchir, de vivre ? Qui sont ces donneurs de leçons ? Qu'ont-ils de plus que moi ? Que savent-ils de ma vie ? Et, plus important, que sait-on de leurs véritables émotions à part ce qu'ils veulent bien étaler largement sur les réseaux sociaux ? 

    Tout est question de nuances. On ne contrôle pas nos émotions mais on est quand même encore capable de savoir faire la différence entre les degrés de celles-ci. Ce qui me met hors de moi c'est que les gens ne semblent plus capables de ces nuances. Il faut que tout soit noir ou blanc. Rien d'autre au milieu. 

    Hier, j'avais envie de dire à tous ces gens parfaits d'aller se faire foutre. Et aujourd'hui ? Eh bien après une nuit de sommeil... disons que je n'ai pas changé d'avis. 

     

    ps : ce texte s'adresse à ceux qui viennent un peu trop souvent expliquer pour qui ou pour quoi on a le droit et/ou le devoir de s'émouvoir. Qu'on ne comprenne pas l'émotion de quelqu'un est une chose mais qu'on la juge systématiquement indécente en est une autre... 

     

    ps2 : Il m'arrive aussi, parfois, de ne pas comprendre les choses et de mal les juger (parce que je ne suis pas parfaite) mais, en ce moment, je trouve que les réactions des gens sont disproportionnées dans l'agressivité et l’extrémisme et surtout que trop de gens se posent systématiquement en pères/mères la morale. 

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  • Commentaires

    1
    do de goron
    Jeudi 14 Août 2014 à 12:10

    Bien dit!  j'espère que je ne fais pas partie de ces gens.

     

    2
    Jeudi 14 Août 2014 à 12:17

    Tant que tu ne me diras pas pour quoi j'ai le droit de m'émouvoir, tout ira très bien ! cool

    3
    Sophie
    Jeudi 14 Août 2014 à 12:40

    Je plussoie! 

    4
    Jeudi 14 Août 2014 à 12:43

    Entièrement d'accord avec toi ! Chacun réagit à sa façon et personne ne peut se permettre de juger !

    J'ai aussi eu mon coup de gueule aujourd’hui ! he

    5
    Jeudi 14 Août 2014 à 12:52

    Ah j'irai voir !

    6
    Juju
    Jeudi 14 Août 2014 à 13:22

    Tu es libre de ressentir les choses à ta manière même si elles ne sont pas celles que moi ou d'autres peuvent ressentir. Tu es également libre de formuler tes propres idées et de protéger de certaines qui peuvent être désagréables à entendre. Au final, rien n'est imposé à personne et ce n'est pas parce que certains (et j'en fais peut être partie) donnent des clés pour voir le monde ou comprendre les choses qu'il est de ton droit d'en faire autant et d'être en accord avec tout ça. Tu as tes choix, ce sont les tiens, et les idées ou la posture à avoir face à certains évènements ou idées postées sur les réseaux sociaux te regardent pleinement, même si cela peut parfois donner l'impression d'un choix à prendre ou d'une direction où aller. 


    Toutefois, il est vrai que certaines forces nous animent et contribuent à guider nos choix, notre manière de répondre à tel ou tel évènement. Nous sommes à la fois libre et à la fois contraints par le cadre socio-culturel qui nous anime et qui "conditionne" notre manière de voir et de penser. Admettre cela, cela ne veut pas dire que l'on renie totalement sa manière d'être ou de penser mais c'est comprendre quels sont les mécanismes qui sont en jeu.


    Je sais bien que ma posture "militante" agace pas mal de monde, parce que justement il y a à la fois la vérité démontrée des faits qui sont les nôtres en ce monde (les choix économiques, énergétiques, environnementaux, culturels et sociétaux...) et le contraste frappant entre cette vérité et notre mode de vie qui semble incompatible et inapproprié pour répondre à ces problématiques. Du coup, il est certain qu'une part de frustration, de rancœur, de détestation profonde à certains endroits du discours viennent à point nommé pour réfuter les faits démontrés et "rester en paix avec soi-même" parce qu'il en va de notre santé psychique et mentale pour pouvoir vivre normalement. 


    Je ne refuse en rien ces réactions qui sont normales et que j'ai personnellement appris à dépasser (et ce n'est pas facile, loin de là) pour me concentrer sur les aspects les plus "létaux" du monde qui nous entoure. Alors évidemment, ce n'est pas une partie de plaisir (pour moi comme pour ceux qui lisent ou qui découvrent ces informations) parce que cela met le doigt où ça fait vraiment mal mais il est important, je pense, de savoir où nous allons et comment nous y allons, pour nous y préparer au mieux.


    Libre à chacun de croire ou de ne pas croire à la vérité des faits, ils ne s'imposent à personne et restent uniquement des faits, souvent contestables (mais la contestation est facile quand on veut rester en paix avec soi-même) et les réactions face à cela sont totalement humaines. Que cela agace, je veux bien le comprendre et c'est même plutôt sain mais il ne faut en aucun cas prendre ces informations pour argent comptant et les appliquer à soi-même. Nous sommes tous responsables de la situation dans laquelle nous sommes, moi y-compris, je ne m'exclue pas du lot pour autant ! Que cela ne doive pas t'obliger à t'émouvoir où à ressentir une réponse face à cela. Tu es libre de réagir comme tu le veux et j'aurais envie de dire que la grande majorité des gens réagit comme tu le fais. C'est aussi une manière de se protéger pour ne pas subir les assauts des vagues et rester digne et à peu près équilibré psychologiquement. Et, je ne pourrais jamais te blâmer pour cela. 


    Mais une fois que l'on a dépassé ce stade (comme c'est mon cas) et bien les faits deviennent uniquement des faits et cela ne m'atteint plus. Il n'y a, dans ce cas, aucune raison de pousser à l'émotion ou au ressenti particulier, simplement une liste de faits qui démontrent que par A+B où nous en sommes. Point. Ressentir une forme de rancœur ou de détestation profonde face à ce que tu ressens comme de l'injonction à penser (comme ceci ou cela) montre aussi que tu as tout tes mécanismes psychologiques qui fonctionnent à merveille ! Mais je le répète, l'idée de base n'est absolument pas d'imposer une pensée ou une idéologie (d'ailleurs ce ne sont pas des idéologies), c'est simplement de l'information de base qu'il faut prendre pour ce qu'elle est, de l'info et un ensemble de faits. Que tu sois d'accord avec cela ou pas, cela te regarde. Il n'y a pas d'injonction à penser où à imposer une vision mais le cerveau est bien fait qu'il a une forme de réaction presque épidermique à tout élément qui viendrait perturber le cours "normal" des évènements, d'où le ressenti négatif de pas mal de monde sur la question alors qu'il ne s'agit ni de juger, ni de blâmer qui que ce soit (ou alors je serai mal positionné pour le faire en m'y incluant également). Il faut prendre les faits comme ils sont, des faits. Qu'ils reviennent mettre en cause ton fonctionnement quotidien ne doit pas être un problème en soit, ils ne sont pas là pour juger ta manière d'être. Je le dis et je le redis. Nous, au sens de l'humanité, somme tous responsables de la situation. Admettre la vérité des faits, c'est déjà faire preuve de prise de recul et de froideur face à la vérité du vide humain. Nous ne sommes pas parfaits, loin de là, nous creusons notre tombe, oui, mais nous sommes aussi doués de tas d'autres choses très sympathiques (comme l'art, la musique, la poésie) que je ne manque pas de souligner par ailleurs. Pour moi, l'un va avec l'autre. Nous ne pouvons pas prendre que ce qui nous plait dans l'humanité et oublier le reste. C'est un ensemble (certes létal à la fin, puisque c'est là que nous allons tous) qui ne doit pas nous faire culpabiliser de notre position. 

    7
    Jeudi 14 Août 2014 à 13:57

    Personne n'est parfait, moi je dis rien... ^^

    8
    Jeudi 14 Août 2014 à 14:26

    @Juju : il y a deux ans, on m'a reproché de prendre trop à coeur la mort de deux personnes que je connaissais à peine, mais quand même un peu... l'une que j'appréciais beaucoup même si je ne l'avais rencontrée que deux fois. Hier, on me reproche de ne pas m'émouvoir correctement (parce qu'il y a des façons plus ou moins correctes, apparemment) du sort des gens à Gaza que je ne connais pas. Tu trouves ça logique ?

    9
    Juju
    Jeudi 14 Août 2014 à 14:43

    Je pensais que c'était par rapport à moi. (le mec super méga égocentrique)

    Bon toujours est-il que nous ne pouvons pas avoir de compassion pour le monde entier. Ces gens qui se soucient de la mort de millions d'humains à l'autre bout de la planète viendraient pas aider leur voisin qui a sûrement besoin d'eux. En fait, il y a des circonstances où l'on a droit de s'émouvoir et d'autres non (typiquement la mort d'un artiste, c'est considéré comme futile mais ce qui touche à la guerre est forcément dramatique et doit être appuyé). C'est typiquement occidental comme comportement. On met des valeurs bien définies sur ce qui doit être pensé et ce qui ne doit pas l'être. On range les faits dans des cases auxquelles ont met une valeur donnée. Typiquement celui qui ne s'émeut pas des millions de morts de la Seconde Guerre Mondiale est un négationniste, sûrement antisémite et en plus largement dénué de sentiments alors que celui qui pleure la perte d'un être qui a du sens pour lui (un chanteur, un acteur, un ami même lointain ou passager) sera considéré comme un idiot pour ne pas dire un débile congénital (parce que quand même quoi) et n'aura pas le droit d'éprouver tel ou tel type de sentiment. 

    Vu de l'extérieur, on ne peut pas expliquer pourquoi une vie humaine aurait moins de valeur que des millions d'autres, d'ailleurs la seule disparition d'un être cher suffit à "dépeupler" le reste du monde, comme la célèbre citation. Il y a, dans nos sociétés, des choses à faire et à dire, et des choses qui ne sont pas acceptées. Notre société a toujours beaucoup de morale et réprimande violemment quiconque irait à l'encontre des idées générales que l'on se fait du monde. C'est ainsi, je le déplore mais nous n'y pouvons rien.

     

    10
    Jeudi 14 Août 2014 à 14:48

    Ah ben voilà, là, on est d'accord... 

    Je ne parlais pas de toi, d'abord parce que tu sais ce que je pense depuis longtemps et je ne l'ai pas affiché en public. Ensuite parce que je parlais vraiment des trucs "émouvants" au sens propre comme la mort des gens, en effet.

    Oui je me suis émue de la mort de Robin Williams, mais moins que de celle de Claude François, et davantage que celle de Lauren Bacall. Mais si demain mon chat mourait, ce serait infiniment pire que pour n'importe quel artiste, évidemment. Et, ce qui m'énerve c'est cette hypocrisie des gens à vouloir faire gober que ça les touche atrocement alors que, comme tu le dis, leurs voisins pourraient souffrir atrocement qu'ils ne s'en préoccuperaient pas. C'est pour ça que j'aimerais des nuances ! Oui le sort des gens malheureux nous touche mais arrêtons de faire croire que ça nous touche autant que la perte d'un proche. Il y a des degrés dans l'émotion, dans les émotions et ça a toujours été ainsi. Ce n'est ni une question de valeur d'une vie plus qu'une autre c'est juste une question d'attachement et de proximité.

    11
    Juju
    Jeudi 14 Août 2014 à 14:53

    La proximité, c'est la clé de tout ça. Etre proche géographiquement change beaucoup de choses et c'est normal de s'émouvoir des gens que l'on connaît personnellement plutôt que d'inconnus. Enfin c'est humain comme truc.

    12
    Jeudi 14 Août 2014 à 14:56

    Voilà... sauf que lorsque j'ai dit ça, on m'a répondu qu'il s'agissait d'indifférence et de mépris pour une partie de l'humanité. J'aimerais bien voir la compassion de ces gens-là au quotidien, et pour des gens qui sont plus proches d'eux que ceux de Gaza, c'est tout. 

    13
    Jeudi 14 Août 2014 à 14:57
    Cerise violette

    Combien d'opinions manichéennes ! Il n'y a pas de bonnes façons de ressentir ce qui nous entoure, ni de mauvaises . Contrairement aux façons d'agir qui peuvent être préjudiciables à autrui. Personne ne peut dicter une opinion, les pensées sont libres, que je sache ! Quoiqu'en pensent les manipulateurs et les donneurs d'ordres de morale.

    Laisser braire ...

    Bises

    14
    Jeudi 14 Août 2014 à 15:02

    Voilà, le manichéisme, c'est le souci : soit tu es dans le bon camp, soit dans le mauvais. Pas de juste milieu, pas de concessions, non, rien. A croire qu'il n'y a pas que le vocabulaire qui vient à manquer à certaines cervelles... 

    15
    Jeudi 14 Août 2014 à 21:35

    Je partage ce que tu viens d'écrire Béatrice. 
    La peine et le malheur des autres ne soulage pas le tien, le mien, celui de tes voisins.
    Nous réagissons tous selon notre perception. 
    Nous vivons dans une société où nous nous prétendons libre mais où tout est finalement uniformisé.
    Quand aux bien-pensants... je dirais qu'ils sont aussi des bien-hypocrites.wink2

    Personne n'a à dire à quelqu'un ce qui est bien ou mal. Nous avons tous le droit de voir les choses à notre façon. Donc, tu as le droit de penser et d'exprimer ton opinion. 
    Je crois que cela s'appelle, la démocratie. 

    Bonne soirée 

    16
    Jeudi 14 Août 2014 à 22:08

    Je voudrais ajouter quelque chose.
    J'ai écrit que tu avais le droit de penser et exprimer ce que tu penses et ressens. C'est vrai. Et j'ai écrit que cela s'appelait : la démocratie.
    Je voudrais donc ajouter, que cela n'a pas de rapport avec une pensée ou une idéologie quelconque. Nous avons tous le droit de ressentir des choses grandes comme petites aux yeux des autres (mais très importantes pour nous).
    C'est tout simplement notre conscience à exister. 
    Moi-même, j'ai souvent reçu des "pics" parce que j'osais dire ce que je pensais et exprimer certaines choses. Par exemple, nous avons tous nos moments d'émotions personnels.
    Comment reprocher, par exemple, à une personne amoureuse de ne pas penser à l'être aimé(e) plutôt qu'au problème du chômage. (que je connais actuellement).
    Bref, il y aurait plusieurs exemples comme ça. 
    C'était important que je laisse cette petite note. 
    Bonne soirée. smile

    17
    Jeudi 14 Août 2014 à 22:19

    Voilà, je suis d'accord. Et je sais aussi que de ce point de vue, je ne suis pas parfaite, loin de là. J'ai aussi parfois un regard assez critique sur certaines personnes qui, à mes yeux, s'émeuvent pour quelque chose de futile alors qu'elles restent insensibles à d'autres choses que je trouve plus graves : par exemple, une histoire d'amour d'une nuit qui s'achève qui prend plus d'ampleur que des soucis de santé pour un proche. Mais, à la lumière de ce que je lis, je me dis qu'après tout, oui, chacun a ou devrait avoir le droit d'être malheureux pour ce qui lui importe. 

    Après, j'espère ne pas faire preuve d'autant d'extrémisme et d'agressivité que ce que je peux lire sur le net. J'espère avoir toujours essayé d'argumenter honnêtement et respectueusement tout en écoutant les arguments. 

    Sinon, je peux aussi me mettre dans le lot de ceux que je critique... mais j'espère pas. 

    Merci de ton intervention Karleman. 

    Bonne soirée aussi, bises.

    18
    Armand
    Dimanche 31 Août 2014 à 17:20
    Chère Béatrice,
    Dire que rien n'est blanc ou noir est la dernière "mode" en informatique. Cela s'appelle la logique floue...
    Mais, je n'aime pas imposer mes idées, et c'est pour cela que j'ai hésité si longtemps avant d'écrire ce commentaire!
    Amitiés
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