• Comme on marche sur la tête, il faut marcher sur des oeufs !

    Entre ce qu'on dit et ce qui est compris, entre ce qui se passe en classe et ce que l'élève comprend, entre les mots du prof et le brouhaha ambiant, entre les confusions de vocabulaire et les phrases à moitié entendues, entre les mots qu'on croit évidents pour tout le monde alors qu'ils ne le sont pas et ceux qui sont compris de travers, entre ce qui a été dit et ce qui va être répété, avec tout ce qui s'est passé dans les autres cours, au self, dans la cour, à l'arrêt de bus...comment peut-on encore croire sans aucun doute à ce que raconte un élève ? Je ne dis pas qu'il ment, non, pas forcément. Je dis juste qu'il peut mal comprendre et donc mal interpréter et mal répéter.

    Un exemple tout con : une petite élève mignonne de 6e me demande l'autre jour si "prendre en compte" voulait bien dire "prendre mal". Cela veut dire qu'à chaque fois qu'on lui aura dit de prendre en compte des conseils, ou des consignes, dans sa tête, ça voulait dire "prendre mal"... Ce n'est pas bien grave comme confusion mais je n'ose imaginer les centaines qui existent dans une journée d'enfant. Encore plus en primaire sûrement. Et pourtant, on s'empresse de croire l'enfant. Systématiquement. Et de mettre en doute la parole du prof. Systématiquement aussi.

    "Pourquoi devrait-on croire le prof ?" lit-on dans les gentils commentaires sur le net. Et pourquoi devrait-on croire l'enfant ? Nous avons tous des preuves que les enfants sont capables de mentir, soit pour se sortir d'un mauvais pas, soit parce qu'ils ont envie d'en découdre avec un adulte... ou bien, simplement, parce qu'ils ont tout compris de travers. J'ai eu un exemple qui m'avait blessée il y a deux ans. J'avais fait un trait d'humour en classe. Une élève l'avait mal compris et avait raconté à sa mère des choses horribles que j'aurais dites, sur le ton de l'humour. A la base, elle avait juste mal compris un élément mais derrière, toutes les vulgarités qu'elle avait rapportées à sa mère, ce n'était pas moi qui les avais dites ! Pas du tout. Et pourtant... elle l'affirmait. La maman, me connaissant, avait un doute... mais, dans un sens, elle n'aurait pas dû en avoir et elle aurait dû dire à sa fille qu'elle se trompait, point barre. 

    Alors, ça me fait peur lorsque je vois les proportions que prennent les propos rapportés par des enfants, parfois tout petits, qui racontent encore plus mal, forcément... mais qu'on croit. Au cas où. Sous prétexte que peut-être, que ça se peut, qu'on ne sait jamais, que les profs sont tellement tordus que... L'autre jour, j'ai abordé un sujet délicat suite à une question d'un élève. J'ai pris des milliers de pincettes, j'ai choisi mes mots, j'ai précisé que je n'étais pas experte, que je ne savais pas grand chose, que je ne pouvais donner que mon avis et que j'avais peut-être tort et après, j'ai espéré que rien ne sorte de ma salle au cas où... Si j'avais été prof de maths, au moins, j'aurais pu faire mon cours et personne ne m'aurait demandé de parler de telle ou telle actualité ! 

    « Quand on se fait envoyer sur les roses trois fois... Hippocrate- le film »

  • Commentaires

    1
    Tanki
    Samedi 7 Février 2015 à 20:24

    N'enseigne pas en éducation civique, là, tu te mets au culte vaudou ... au moins !

    2
    Dimanche 8 Février 2015 à 11:58

    Je ne comprends pas. 
    Une élève t'a posée une question sur une phrase qu'elle ne comprenait pas. Tu lui as donnée sa réponse je suppose ? Donc l'élève a enfin le sens de sa phrase. Cela sert à ça l'école à mon avis. J'ai mis des années à comprendre certaines choses parce que certains profs ne prenaient pas le temps de m'expliquer. Heureusement, j'ai eu de bons profs aussi. 

    Pour l'autre élève qui avait raconter des choses sur toi. Tu as réglé ça avec sa mère. Mais elle avait le droit d'avoir le bénéfice du doute. 
    Ce que je ne comprends pas dans l'éducation nationale, c'est que tout les élèves peuvent dire tout et n'importe quoi. Et de la part des profs, idem (les profs ne savent pas tout, tu le reconnais toi même).

    Une opinion est-elle réelle pour tout le monde ? Non. Mais je ne pense pas que ce soit en cour de français qu'on doit la traiter. 
    Je ne comprends pas ce que tu veux dire. Est-ce à cause de ce qui s'est passé le 7 janvier ?
    Ou est-ce tout personnel ?

    Quand un élève émet sur un blog : "Faut-il toujours croire les profs ?".
    Je répondrais : "non". Mais doit-on toujours croire les élèves ? "Non plus". :)

    Ainsi le débat s'ouvre et tout le monde vide son sac. 

    Bon dimanche. Des bises 

    3
    Dimanche 8 Février 2015 à 12:11

    Ce que je veux dire c'est qu'on croit avant tout l'élève, même lorsqu'il raconte n'importe quoi, volontairement ou juste parce qu'il a mal interprété. Les parents ou la hiérarchie cherchent rarement à avoir la version du prof... ou alors seulement après l'avoir convoqué, mis à pied ou je ne sais quoi.

    La logique voudrait qu'on croie quand même davantage l'adulte et pas systématiquement l'enfant qui, parfois, pour de sombres raisons, cherche à faire tomber l'adulte. On a vu ça à Outreau mais ça n'a servi de leçon à personne. Les enfants mentent, surtout lorsqu'il s'agit de faire leur intéressant ou de démolir un prof qu'ils n'aiment pas.

    A propos des attentats, on lit des choses incroyables que des instits auraient faites, racontées par des petits gamins de 6 ans mais lorsque les profs expliquent ce qui s'est vraiment passé, après avoir été déjà accusés par les parents et diverses associations, on ne les croit pas. Je ne dis pas que les profs ont toujours raison mais j'aimerais qu'ils n'aient pas toujours tort non plus. Et, malheureusement, de plus en plus, ils sont condamnés d'avance. Ensuite, lorsque les gamins voient que ça va trop loin, ils se rétractent mais le mal est fait, le prof est grillé et il y aura toujours de bonnes gens pour dire qu'il n'y a pas de fumée sans feu. 

     

    Et par rapport à ce qui m'est arrivé il y a deux ans, je sais que si à 12 ans j'étais arrivée chez moi en racontant qu'une prof avait dit des trucs aussi grossiers, ma mère ne m'aurait pas crue, en tout cas pas juste comme ça. Elle m'aurait dit qu'elle faisait confiance au prof. Mais, je n'aurais pas eu idée de mentir à ce point non plus...

    4
    Dimanche 8 Février 2015 à 19:31

    Je comprends. Il y a un sérieux malaise...

    Concernant ce qui se passe actuellement dans le pays, pour moi, les choses devraient être claires. Un enfant qui fait du révisionnisme ou du racisme anti-français serait renvoyés chez ses parents. Les parents seraient convoqués par le représentant de l'éducation nationale. 
    Je sais, je suis sévère mais aux grands mots les grands remèdes.

    Lorsque je travaillais dans un lycée, j'ai remarqué aussi qu'on prête carrément fois plus aux paroles de l'élève qu'à celles du professeur. C'est la décadence qui a été voulu par les politiciens mais aussi par certains professeurs. Sans ordre établie, c'est le chaos. Et sans autorité il y a toujours eu des malaises. Nous avons gagné la société actuelle. 

    J'étais et je suis pour le droit de l'élève. Mais je suis aussi pour le droit du professeur. A mon sens, les deux doivent être heureux et épanouis. C'est la clé de la réussite. 

    Bon courage et bonne soirée. Des bises

    5
    Dimanche 8 Février 2015 à 19:54

    Toute la période où l'on n'accordait aucun crédit à la parole de l'élève n'était pas bonne non plus, c'est vrai. On a basculé dans l'excès inverse. L'idéal ce serait tout simplement d'être capable d'écouter les uns et les autres sans donner raison a priori à l'un ou l'autre. 

    6
    Lundi 9 Février 2015 à 11:25

    Tout à fait.

    En attendant, je te vois en souffrance.
    Essaye de décompresser et prends soin de toi. J'espère que ça va s'arranger.
    Des bises

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