• Allez, en cette fin de dimanche, une petite perle dans la série "Les élèves n'en feront jamais d'autres"...

    L'autre jour, je récupérais un petit test. J'avais demandé à une élève de ramasser les feuilles. J'avais bien précisé de ne surtout pas oublier de mettre leur nom parce que j'en ai marre des copies anonymes. Par acquis de conscience, tant que j'avais toute ma troupe sous la main, je vérifie que les feuilles portaient bien toutes le nom de leur propriétaire. Et là, je compte trois Gertrude (faux prénom, au cas où vous auriez un doute). Sauf que des Gertrude, je n'en ai que deux dans la classe. Je m'exclame donc: "Tiens, j'ai une Gertrude en trop dans mes copies !". Et là, une élève, prénommée Marie-Louisette (toujours un prénom inventé, hein) lève le doigt et me dit le plus naturellement du monde :"Ah oui, ça doit être moi, j'me suis trompée !".

    Alors, voilà qu'ils se trompent dans leur prénom maintenant... On n'est pas rendu, moi j'vous l'dis !


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  • fin du monde

    Ne vous inquiétez pas, je n'y ai pas cru une seconde. Non. Mais... putain, elle aura été pénible cette fausse fin du monde !!! Déjà, en temps normal, les élèves sont super pénibles les quelques jours avant les vacances... un peu plus pénibles avant celles de Noël mais là, c'était la totale ! J'avais rarement vu ça ! Ils ne parlaient quasiment qu'en hurlant (des petits cris stridents en plus !) et, à chaque fin de phrase, une allusion à la fin du monde... Non mais franchement, les Mayas auraient pu la caser le 24 décembre, comme ça, au moins, on était sûrs d'être déjà en vacances et ce sont les parents qui auraient eu à supporter cette excitation aussi agaçante que fatigante...J'en étais presque arrivée à la souhaiter, cette fin du monde, me disant qu'ainsi j'aurais peut-être enfin la paix ! J'ai failli faire exploser la porte de ma salle pour obtenir le silence l'autre jour... bon, ça a marché... mais quand même...

    Un de mes élèves m'a dit qu'il avait parié sur 20000 suicides, sous-entendant avec fierté qu'il n'était pas le genre de gogo à se laisser prendre mais remettant sans cesse l'idée sur le tapis donc, ça devait le travailler quand même... Un autre jour, le même m'a dit qu'il irait se cacher à Brest parce que comme ça, il échapperait à la fin du monde...

    Enfin, ce sera, je l'espère, l'une de leurs premières leçons de vie : ne pas gober tout ce qu'on raconte à la télé et dans les medias en général. Prendre du recul par rapport à tous les crétins en puissance qui ne sont jamais à court d'idées débiles...


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  • smiley pouce en l'air Dans la série "les élèves sont formidables" (sans ironie !) j'en ai un aujourd'hui qui a sauvé 5 semaines de travail... sans qu'on lui demande rien, il a eu l'idée tout seul et m'a enlevé une sacrée épine du pied ! Pendant deux heures, on a cru qu'on avait perdu 32 pages du magazine du collège 1er du nom qui doit paraître incessamment sous peu. Et au dernier moment, paf, plus rien, que dalle, nada ! Tout perdu, évaporé dans les limbes et les méandres du web... Et, heureusement, l'élève le plus motivé du groupe avait tout stocké ce matin sur sa clef usb ! Juste comme ça, me dit-il, au cas-où... eh ben, le cas où, on l'a eu ! Enfin, oui et non... on a cru qu'on avait tout perdu mais, en réalité, tout s'était malicieusement et insidieusement déplacé, juste histoire de faire bien stresser !

    Comme quoi, je ne fais pas que râler ou les critiquer, mes élèves, non, parfois je les adore et j'aurais presque envie de les embrasser ! Enfin, celui-là surtout parce que, vraiment, c'était moins une !!! Comme quoi, il ne faut jamais désespérer !


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  • Je frôle le découragementCe matin, correction de rédactions de 6e... Si l'on excepte les terminaisons des verbes qui sont réduites à -er, ou -é, dans de très nombreuses copies (bien plus que les années précédentes) des phrases du style : "Les parent alla ouvrire la porte et la petite fille embrassairent sait parent et il mangea tout le repas que la mère a préparer." Sur une copie, on se dit que c'est un dylexico-orthographico-grammairio-francophobe... et que c'est un cas isolé... Et puis, on lit une, deux, trois, quatre... et finalement c'est 8 élèves qui ne font pas la différence entre le singulier et le pluriel...

    J'en parle en salle des profs et là un collègue me dit "Oh c'est des sixièmes, ils ont bien le temps d'arranger ça !"... Ok, mais alors, encore une fois qu'on arrête de dire que le niveau monte parce que là, c'est pire que l'an dernier qui était pire que l'année d'avant... J'ai de plus en plus de mal à corriger les rédactions et j'appréhende à l'idée de devoir mettre une note qui tiendra compte des idées vu que je ne les comprends plus, les idées... si tant est qu'il y en ait dans certaines copies...

    Mais, ça vient d'où ? Et quand ça va s'arrêter d'empirer ??? La tâche me paraît titanesque... Quand on revoit un point d'orthographe, on s'aperçoit qu'ils ne maîtrisent pas non plus tel point de grammaire et on n'arrive pas à leur faire entrer la moindre notion, parce qu'ils ont l'impression de savoir (les règles, ils les ont entendues et les connaissent) et donc, ils n'écoutent pas, ne se concentrent pas, ne retiennent pas et on brasse du vent, sans cesse... Et la fois d'après, ils écrivent encore les mêmes conneries... sans même comprendre que ça ne se dit pas, que ça ne s'écrit pas et qu'on ne les comprend plus !

    J'aimerais bien trouver LA recette qui permettrait de revenir à quelque chose de moins catastrophique, lorsqu'il n'y avait que 2,3 ou 5 élèves dyslexiques et que les autres, tant bien que mal, écrivaient des trucs cohérents où on ne dépassait pas la dizaine de fautes par ligne...


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  • 40 ans d'évolutionPour ce soir, un dessin de l'excellent Jack (que je remercie pour tous ses dessins ainsi que pour m'avoir autorisée à publier celui-ci sur mon blog) pour illustrer l'évolution des mentalités face à l'école en 40 ans...

    Il y a 40 ans, on était sage et gentil à l'école et on avait intérêt à l'être. Et ceux qui ne l'étaient pas étaient punis, la maîtresse félicitée et remerciée par les parents, en général et la punition doublée à la maison... Bon pas partout, sans doute mais globalement quand même. Ceux qui se foutaient du prof et qui avaient des parents qui les défendaient envers et contre tous étaient minoritaires. Maintenant, c'est exactement la proportion inverse : le gamin est puni, la maîtresse (ou le prof) est insultée, frappée ou, au mieux, convoquée par la direction et le gamin, à la maison, a le droit au nouvel Ipad parce qu'il le vaut bien et qu'il faut essayer de réparer les monstrueux dégâts psychologiques causés par la non moins monstrueuse enseignante, saleté de fonctionnaire tortionnaire qui mérite d'être humiliée et châtiée de sa témérité (et si certains en viennent un jour à la zigouiller, c'est qu'elle l'aura bien cherché !)...

    Alors, oui, il y a eu des abus et des injustices mais ne nous ont-ils pas préparés à la vraie vie, celle où il n'y a pas toujours papa et maman pour défendre monchérimonamour de tous les vilains méchants qui pourraient l'attaquer ?

    On lit régulièrement que les povs tits n'enfants sont traumatisés par l'école, stressante et tout le toutim... et c'est vrai que l'école est stressante mais pas à cause des profs (c'est plutôt eux les stressés d'ailleurs) mais plutôt à cause de tous les monchérimonamour qui ont aussi tendance à être des sales gosses entre eux et à se pourrir la vie entre eux... à cause d'histoires débiles où l'objectif sera d'humilier le plus faible... Et là, les parents nous appellent au secours en disant :"Ah ! Il va falloir mettre une punition exemplaire à cet élève parce qu'il a traumatisé mon fils."... On s'en sort pas... Si on punit, on est des monstres de cruauté et d'injustice, si on ne punit pas, on est des monstres de négligence et de m'en foutisme...

    Bref, je sais que c'est has been et ringard, voire réac' de dire que c'était mieux avant mais... ouais, c'était mieux avant...


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