• Certaines émotions sont comme des gouffres : j'ai l'impression que si je me laissais aller à les ressentir, je serais absorbée par le vide, sans plus aucun moyen de remonter à la surface.


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  • Aujourd'hui, mon kiné m'a félicitée. Mine de rien, c'est un truc qui n'arrive pas tous les jours. Bon, je ne fais certainement pas grand chose pour mériter de quelconques félicitations, c'est vrai. Sauf là. A force de me protéger pour ne pas me faire mal, j'ai fini par ne plus rien faire et cette inactivité provoque des douleurs. C'est le serpent qui se mord la queue. Il y a quelques mois, en arrivant chez ce kiné, je bougeais très peu et chaque mouvement était douloureux. Après une douzaine de séances, c'était toujours pareil. J'avais l'impression que ça ne servait à rien du tout. Le matin, j'avais le dos tellement bloqué que je me demandais si j'arriverais à ma voiture. Puis, une fois dedans, si je pourrais en sortir. Et une fois au boulot si je tiendrais la journée... Je me rendais bien compte que cela jouait sur mon humeur et mon moral mais j'avais vraiment l'impression que rien n'y ferait. Etirements et massages ne semblaient inutiles. J'avais même commencé à me décourager mais il faut croire que petit à petit, ça a fait son effet. Et du coup, comme je réussis à faire des exercices qui me semblaient infaisables il y a quelques semaines, mon kiné m'a félicitée. D'avoir essayé d'abord, persévéré ensuite et réussi enfin. Oh, c'est une toute petite victoire... et je sais que j'aurai du mal à conserver les bénéfices parce que c'est super contraignant de poursuivre ces exercices tout seul chez soi. Dans l'idéal, il faudrait que je me force à bouger davantage... à sortir aussi, pour marcher un peu. Pas juste au boulot ou pour faire les courses, quoi.

    Ce que j'ai apprécié chez ce kiné c'est qu'il n'est pas autoritaire. J'ai le souvenir de séances très désagréables où on m'obligeait à faire des choses que je ne peux pas... en tout cas pas en m'obligeant... Lui, il explique calmement et il dit que c'est normal de ne pas y arriver. Alors, je me suis sentie moins coupable. Et puis, aucun exercice n'est "violent". C'est tranquille mais efficace. Et même parfois agréable de constater qu'on arrive à faire un petit truc de plus que la fois d'avant. J'ai encore mal au dos mais différemment... ça ne m'épuise plus comme ça l'a fait pendant plusieurs mois. Rien que ça, c'est plutôt agréable. Je suis loin d'être prête à faire de grandes choses mais, je vis un peu plus sereinement avec des douleurs que j'ai plus ou moins "apprivoisées" et une vie que j'ai adaptée aussi... mais ça, j'ai l'habitude.


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  • Réflexion du soirEntre les mots qu'on ne prononcera jamais et ceux qu'on ne peut pas dire, il y a un océan de futilités qui comblent maladroitement nos silences.


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  • L'histoire :
    Les élèves d'une école d'une petite ville voient la venue d'une institutrice remplaçante qui souhaite entraîner sa classe dans un mystérieux concours à Paris. Mais quelque chose cloche avec l'enseignante ! Comment arrive-t-elle à lire dans leurs pensées ? Comment parvient-elle à manipuler si brillamment leurs parents en leur faisant croire qu'elle est parfaite alors que toute la classe la compare plutôt à un véritable cauchemar ? Son secret ? Il semblerait qu'elle vienne d'une autre planète...

    Voilà un film qui a l'air bien jubilatoire pour un prof ! Enfin, rien que l'extrait est déjà pas mal, hein. Le reste, je ne sais pas ce que ça vaut mais en tout cas, j'ai bien rigolé en visionnant ce court passage ! Merci Julien ! Mais non, ça ne me donne pas d'idées, n'ayez pas peur ! Même si j'ai l'impression d'être un peu extra-terrestre parfois, je ne me permettrais pas ce genre de commentaires ! Bon, il m'arrive de les penser mais, penser ne nous est pas encore interdit que je sache !


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  • Pour être sincère, je pense faire partie de ces gens qui ont une mère-poule. J'ai toujours trouvé ça bien. Enfin, non, quand j'étais ado et ensuite jeune adulte, ça me gonflait de n'avoir le droit de rien faire. Mais, sinon, c'était quand même bien. Ma mère est très protectrice. Trop sans doute. Et parfois, je me dis que, globalement, je ne suis pas tout à fait prête à affronter les choses de la vie. Enfin, toute seule, je veux dire.

    Pourtant, malgré cela, ma mère n'est que très rarement intervenue dans les soucis scolaires que j'ai pu avoir. Ceux avec les élèves, je ne lui en parlais pas pour ne pas l'inquiéter. J'ai été obligée de le faire une seule fois lorsqu'un élève avait balancé de la peinture dans mon dos lors d'un cours d'EMT. Le reste, je n'en ai jamais parlé à l'époque. En ce qui concerne les profs, là, j'en parlais. Quand j'estimais être victime d'une injustice, et c'est arrivé souvent, vous imaginez bien, je racontais à la maison et en général, j'avais droit à une seule réponse : si ton prof t'a dit ça ou a fait ça c'est qu'il avait ses raisons. Ma mère ne s'est manifestée qu'une fois pour critiquer un prof : c'était en sport. J'étais dispensée à cause de mon asthme mais j'allais en cours quand même (au cas où on aurait fait un truc que je pouvais pratiquer). Et ce jour-là, c'était "endurance". Le prof m'a obligée à faire plusieurs tours de piste. Or, courir comme ça, je ne pouvais pas. D'autant qu'à l'époque, les traitements contre l'asthme n'étaient pas très efficaces. Quand je suis rentrée chez moi, j'étais en crise (d'asthme, of course). Ma mère a appelé d'abord le spécialiste qui me suivait. Il était fou de rage. Il a dit que si le prof refaisait ça, il interviendrait directement. Puis, ma mère a appelé le collège et a exigé de rencontrer le prof. Elle a expliqué que mes dispenses n'étaient pas de la rigolade et qu'il avait intérêt à en tenir compte. Ça s'est réglé. Il n'a plus joué à ça.

    A part cette fois-là donc, jamais elle n'est intervenue pour critiquer, de près ou de loin un prof. Ou une note. Pourtant, c'est une mère-poule, je le répète. Alors, quand je vois certains parents intervenir à tout bout de champ pour "protéger" leur gamin qui, soi-disant, ne se remettra pas d'un zéro ou d'une remarque un peu injuste, je me demande quels adultes ils préparent. Certes, c'est contrariant. J'ai eu des zéros, j'ai subi des punitions collectives alors que je n'avais rien fait, j'ai vécu des situations injustes et humiliantes que je racontais avec moult détails à la maison. Et chaque fois, ma mère restait dans sa logique : si le prof l'a fait, il avait ses raisons (depuis, d'ailleurs, quand j'en reparle avec elle, elle me dit qu'elle n'approuvait pas tout mais que, devant moi, elle defendait le prof parce que c'était l'adulte, le professionnel qui savait ce qu'il faisait et qu'elle ne tenait à ce que j'aie le respect du maître).

    Avec le temps, que reste-t-il dans ma vie de ces zéros ? De ces punitions collectives ? Rien. Oui, ma moyenne une ou deux fois a baissé à cause d'une sale note pas forcément méritée... et alors ? Si ma mère s'était précipitée pour traiter le prof d'incompétent cruel et injuste, j'aurais peut-être grapillé 0.5 ou 1 point de plus dans ma moyenne... est-ce que ça aurait changé ma vie ? Il faut croire que oui parce que tout récemment, j'ai eu vent d'une affaire comme ça... Une prof qui s'était permis de mettre un zéro à un élève qui n'avait pas fait son travail parce qu'il avait été absent un moment. La prof avait donné ce travail plusieurs semaines auparavant, bien avant qu'il ne soit souffrant, et elle a estimé qu'il aurait pu le faire. La mère prétend que non. Admettons. Les autres élèves qui n'avaient pas rendu le boulot ont aussi eu zéro. La mère est choquée que la situation particulière de son fils n'ait pas été prise en compte et se demande dans quelle mesure la prof n'est pas totalement incompétente (voire sadique).

    Peut-être est-ce injuste pour cet élève-là. Mais, même si ça l'est, est-il nécessaire d'en faire tout un foin ? Cela va-t-il changer la face du monde ? Non. Sa vie en sera-t-elle bouleversée ? Non. Il aura eu un zéro dans sa moyenne et qui s'en souviendra encore dans 10 ans ? Même pas sa mère ! Il arrive un moment où la surprotection n'est pas la solution. Au contraire. Dire à l'enfant, oui c'est injuste mais tu en verras d'autres, c'est plus réaliste que de dire "maman va arranger ça... tu n'as pas fait ton travail mais, ce n'est pas grave... tu as une excuse et ta prof est en tort", ce n'est pas la vraie vie !

    Le devoir des parents, je pense, c'est aussi d'apprendre à leurs enfants à encaisser les coups, y compris les coups bas d'ailleurs ! Parce que, plus tard, il n'y aura personne pour les défendre ! Au boulot, ils feront quoi si leur patron les engueule pour un truc qu'ils n'ont pas fait ? Ils appelleront maman ? Papa ? Ils se mettront en arrêt parce qu'ils sont contrariés ? Ils piqueront une colère en tapant des pieds ? On aimerait vivre dans un monde où l'injustice n'existe pas. Ou les brimades n'existent pas. Ou rien de mal ne peut arriver aux enfants. Sauf que le monde, c'est pas ça. On ne peut échapper à certaines épreuves, des vraies, difficiles, alors, si les parents se mettent dans un tel état pour un zéro mal venu, que feraient-ils pour quelque chose de grave ? Ce n'est pas comme ça qu'ils apprendront à leur enfant à relativiser... or, relativiser est une nécessité. Pour survivre. Ça ne veut pas dire qu'il faut tout minimiser mais, en tant qu'adulte, je crois (j'espère) qu'on est capable de distinguer ce qui est très grave et qui mérite une intervention rapide de ce qui ne l'est pas et qui ne mérite donc aucune intervention, d'aucune sorte.

    Des injustices que j'ai subies de la part de mes profs, et il y en a eu, je ne garde que quelques souvenirs, plutôt amusés aujourd'hui... Et même si je sais que certains sont allés trop loin, ça n'a pas bouleversé mon existence. En revanche, les remarques des autres élèves que j'ai supportées pendant des années, je ne les oublie jamais. Et si quelque chose a eu une influence néfaste et dévastatrice sur ma vie, c'est bien cela et certainement pas les quelques zéros, même injustes, éparpillés par-ci, par-là.


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