• Aujourd'hui encore une scène hallucinante au collège : trois gamines de 12 ans qui se fixent comme objectif de fin d'année de pousser une prof au suicide ! Que des élèves cherchent à s'amuser, pourquoi pas ? Nous l'avons tous fait et nous avons tous ri d'un prof que nous n'aimions pas ou qui nous semblait ridicule. Nous avons aussi tous détesté un prof un jour ou l'autre au point de nous dire que s'il disparaissait, ça ne serait pas plus mal... mais qui est jamais allé se vanter de souhaiter le suicide de quelqu'un ? Qui s'est jamais fixé ça comme but avec une fierté non dissimulée ?

    L'image du prof aujourd'hui est catastophique et tout le monde s'en fout ou s'en amuse... Nous sommes les feignasses qui alternent grèves, congés de maladie et vacances. Nous sommes les tyrans qui osent exiger du travail et du respect des enfants que nous avons face à nous, les rares fois où nous sommes au boulot, cela va sans dire. Nous sommes ceux qui doivent prendre la relève de parents démotivés et dépassés par les conneries de leurs gamins. Nous sommes les souffre-douleur de ces gamins sans repères à qui il ne faut rien dire de peur de les traumatiser. Nous supportons toutes les mauvaises humeurs, les insolences, les refus de travailler et nous ne devons jamais rien dire, même si nous aussi parfois nous sommes de mauvaise humeur.

    Nous avons face à nous des enfants, des adolescents fiers d'être fainéants et incultes. Certains vont même jusqu'à menacer les élèves qui ont le malheur d'essayer de bien faire. On a toujours été jaloux du premier de la classe mais on n'avait encore jamais vu des classes où le premier a honte de l'être et fait tout pour le cacher, même quand il n'a que des résultats moyens !

    Leur monde se divise en 2 catégories : les "gentils" et les "méchants", et ce sont leurs termes... au milieu, rien... ils n'ont pas le vocabulaire pour l'expliquer... donc, ça n'existe pas. Leur vocabulaire est d'une pauvreté infinie et tous les exercices visant à leur faire acquérir de nouveaux mots sont rapidement balayés parce que "y'a que les intellos qui parlent comme ça". Ils ne comprennent plus rien. Quand on leur parle de travail "superficiel" ils pensent que ça veut dire "super" en langage de prof ! On ne comprend plus ce qu'ils écrivent mais c'est pas grave, on est payé pour deviner, décoder et traduire.

    Eux qui réclament le respect à tout bout de champ ne savent plus se respecter entre eux, se disent bonjour en s'insultant, se parlent ou parlent au prof en aboyant, se jugent sur le prix de leurs chaussures. Où va-t-on? Les parents sont souvent totalement absents  ou bien alors choqués qu'on n'apprécie pas le comportement de leur petit ange... et on doit tout supporter, tout accepter avec le sourire parce que ce ne sont que des enfants et si on n'est pas capables de les gérer c'est qu'on n'est pas à notre place, qu'on est incompétent parce que quand même ce ne sont que des enfants !

    Le plus beau métier du monde, il paraît. Un métier où personne ne nous respecte plus, où nos droits sont constamment mis en doute et remis en questions, où nos obligations sont de plus en plus importantes et nos compensations de plus en plus maigres. Mais nous n'avons rien à dire puisque nous avons des vacances et ça, ça nous oblige à tout subir avec le sourire, n'est-ce pas ?


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  • Marre. Pas envie. Pas envie de sortir. Juste dormir peut-être. Dépassée par tout ce qui se passe autour. Ras le bol de tout. Ouais, c'est ça... marre. Lundi, faudra retourner au boulot. Là, je serai bien obligée de bouger, de parler, d'exister et de faire mon travail. Ca ne sera pas plus mal. Mon esprit sera occupé. Et puis, pour le reste, pour ce noeud à l'estomac, on verra bien s'il disparaît. J'aimerais faire comme la chanson "partir pour le plaisir de partir" et surtout ne jamais revenir. Me faire oublier et tout oublier par la même occasion. Je sais même pas pourquoi je suis en ce moment envahie par ce sentiment. Je sais qu'il est là, c'est tout... J'essaie de me secouer mais en vain. Putain, qu'est-ce qui m'arrive ? J'ai pas tout compris, j'ai même pas tout suivi. C'est venu comme ça, d'un coup et j'ai l'impression de m'enfoncer de plus en plus jour après jour... déception après déception. Il y a des prises de conscience qu'on aimerait éviter... ben moi, je me les prends toutes de plein fouet et au bout d'un moment, ça fait trop... c'est trop lourd à porter. Je ne sais même plus par quel bout prendre les problèmes... y'a bien un fil conducteur pourtant. J'ai besoin de retrouver le sens de tout ça ou bien de changer de sens carrément et de tout laisser derrière moi... je sais pas. Encore une fois, elle n'est pas belle l'image que je me renvoie en ce moment.... Faudrait fracasser le miroir et fracasser tout ce qui va avec, en particulier toutes mes illusions... remonter à la surface et respirer un bon coup. Prendre sur moi, me bouger, m'aérer et repartir du bon pied...mais comment ?


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  • Sans aucun rapport avec les sujets que j'ai abordés précédemment, j'avais ce soir envie de rendre un petit hommage à Louis de Funès. Depuis toujours il fait partie de mes acteurs favoris et surtout il est de ceux dont je ne me lasse pas.

    Le début de sa carrière ne me touche pas du tout. On peut même dire que je déteste ses prestations dans ses premiers films, quand il ne faisait encore que des apparitions et qu'il se contentait bien souvent de faire quelques bruitages, toujours les mêmes. Dans la traversée de Paris avec cette célébrissime scène où Gabin gueule tout ce qu'il peut dans la cave, déjà on sent son sens du comique apparaître même si là encore il n'a qu'un petit rôle qui d'ailleurs mettait davantage en valeur les talents de Gabin que ceux de Louis.

    Mais alors après ! Quel génie comique ! On ne peut oublier certaines scènes de "La grande vadrouille" ou du "Corniaud", son rôle complètement fou dans "Oscar", sa magistrale prestation dans "La folie des grandeurs" ou encore son rôle phare dans la série des "gendarmes". A chaque fois, c'est vrai il avait des "pointures" pour lui donner la réplique. Son duo avec Bourvil était excellent : tout semblait les opposer et c'est justement de cette opposition qu'est née leur association et leur succès. Ils se grandissaient l'un l'autre sans se gêner, sans que l'un ne marche sur les plates bandes de l'autre car tout en étant comiques tous les deux, ils évoluaient dans un style tellement différent qu'ils ne pouvaient qu'être complémentaires.

    Il m'est arrivé de montrer à des élèves des films avec De Funès et j'ai à chaque fois constaté un phénomène étrange : même quand le film ne les passionnait pas (je pense à l'"Avare" en particulier) eh bien à chaque fois que De Funès apparaît à l'écran, ils sont captivés, fascinés, intéressés, amusés par ses mimiques et son jeu d'acteur, comme si finalement il suffisait à lui seul à "garder" les spectateurs, à faire le spectacle.

    Longtemps j'ai cru qu'à la ville il était comme à l'écran c'est à dire irrascible, colérique, nerveux et un jour j'ai vu une interview où j'ai découvert un monsieur adorable, calme, gentil, tendre, sérieux, pondéré et je me suis dit que l'homme qu'il était m'aurait bien plu aussi.

    Son comique ne passerait sans doute plus aujourd'hui et pourtant, il savait être drôle sans vulgarité ce qui manque cruellement au cinéma et aux comiques actuels incapables de faire rire sans blalancer une grossièreté à chaque phrase. Aussi, je me suis amusée à essayer de trouver De Funès en flagrant délit de vulgarité et je crois que jamais je n'ai entendu même le moindre "merde" ou "con"... Allez, si, peut-être une fois ou deux mais même dans ses colères cinématographiques les plus phénoménales, il y avait toujours cette élégance du langage qui nous manque tant aujourd'hui. Les jeunes diront que les comiques d'aujourd'hui sont drôles à cause de leur grossièreté ou grâce à ça et pourtant souvent ces mêmes jeunes reconnaissent que De Funès les fait bien rire aussi...

    J'aurais aimé mieux le connaître ce formidable acteur, ce génie du rire. Il manque des gens comme lui au cinéma français mais, heureusement son oeuvre perdure et vue la fréquence des rediffusions de ses films, j'ose croire que Monsieur De Funès n'a pas fini d'amuser des générations de spectateurs.


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    Saint Gildas du Rhuys, une presqu'ile dans le Morbihan, un paysage merveilleux et que de souvenirs... Lorsque je m'y suis rendue dernièrement c'était par beau temps, un temps superbe, une petite brise légère mais un soleil éclatant et un océan plus bleu que jamais.

    Pourtant, sont remontés à la surface des souvenirs de 1995, douze ans déjà. Cette fois là, il y avait une tempête incroyable. Le paysage si paisible et coloré que l'on voit sur la photo était véritablement déchaîné. La brume, la pluie, la tempête, les vagues énormes, l'océan en furie c'était colossal. 

    Il était risqué de s'approcher du bord de la falaise, une rafale de vent pouvait sans mal nous faire basculer dans le vide... pourtant, c'était là que le spectacle devait être le plus grandiose. Je n'ai pas pris le risque. Je me souviens juste de la tête de mon ami quand il est revenu car lui avait tenu à s'approcher. On aurait dit un épouvantail avec ses cheveux complètement en l'air mais dans son regard de l'émerveillement. Le spectacle de la nature qui se déchaîne l'avait ébloui. Moi, j'étais éblouie par le fait de m'être réconciliée avec lui après plusieurs mois de séparation. De cette journée, je conserve un souvenir ému. Nous avions passé un bon moment ensemble, comme à chaque fois que nous nous retrouvions.

    Aujourd'hui je parviens à repenser à ces instants sans rancune. Le temps a fait son travail et son absence, sa trahison, son abandon sont oubliés. J'apprécie à nouveau les instants magiques d'un voyage et la beauté d'un paysage.


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  • Une chose m'a toujours surprise et énormément agacée, c'est cette obstination qu'ont les élèves d'aujourd'hui à ne conjuguer le verbe "devoir" à la 2e personne du pluriel seulement : "vous devez", "vous devriez", "vous deviez", avec quelques variantes toujours très orientées : "Vous n'avez pas le droit", "Vous êtes obligé de", "Il faut que vous..." A aucun moment ces expressions ne s'appliquent à eux-mêmes, jamais... sauf, évidemment pour dire "J'ai le droit". Bien sûr... Ces chers petits ont des DROITS et UNIQUEMENT cela. Nous, professeurs, avons des OBLIGATIONS envers eux et UNIQUEMENT cela. Pas question de revenir sur ces faits mais simplement envie de temps en temps que dans chaque camp nous ayons des droits ET des devoirs et que nous les reconnaissions. La dictature de l'enfant-roi n'a pas fini de faire des dégats.

    Autant il y a eu des abus à l'époque où, justement, on ne reconnaissait aucun droit aux enfants. C'était une aberration ! Combien de profs de l'ancien temps ont passé leurs petits nerfs sur de pauvres gamins qui avaient simplement oublié d'apprendre une leçon ou même pas réussi à la comprendre ? Combien ont publiquement humilié l'élève qui ne comptait que des zéros à son palmarès parce qu'il n'était pas fait pour comprendre l'algèbre ou la conujugaison ? Combien ont même frappé l'élève qui s'agitait un peu trop souvent en classe ? Certains enfants ont vécu l'école comme un cauchemar. C'était inadmissible et ça devait évoluer. Mais pas comme ça !

    Depuis quelques années, la tendance s'inverse pour devenir aussi aberrante dans l'autre sens. L'école devient un cauchemar pour le prof dont on bafoue l'autorité à longueur de temps. Plus le droit de punir l'élève qui n'a pas appris sa leçon, même si c'est la 10e fois qu'il prétexte l'enterrement de son grand-père pour se justifier. Plus le droit de punir celui qui tient un salon de thé pendant les cours et qui tourne le dos ostensiblement au prof pour mieux entendre ses camarades placés trois rangées plus loin. Plus le droit de priver de récréation celui-là même qui est là pour apprendre et qui n'a rien écouté du cours... mais qui bien sûr ira dire à ses parents que s'il a des mauvaises notes c'est parce que le prof explique mal ! Plus le droit de mettre un contrôle surprise pour vérifier que la leçon a été apprise. Un zéro est traumatisant et travailler à l'école est l'apanage du prof (qui est payé pour ça) et non de l'élève (qui lui n'est pas payé, rappelons-le).

    Mieux encore : parce que les élèves mâchent des chewing gums et les collent partout, parce que les élèves utilisent les correcteurs liquides pour taguer des insultes partout sur les tables, parce que les élèves jouent avec leur téléphone portable et reçoivent des appels en plein cours, toutes ces choses ont été interdites dans les établissements scolaires. Normal me direz-vous. Mais là où l'on atteint des sommets c'est que les professeurs (donc des adultes) ont interdiction (ou du moins il leur est fortement déconseillé) de mâcher du chewing-gum, de posséder un correcteur liquide ou d'avoir leur téléphone portable allumé au collège ! Où va-t-on ? Bientôt on nous interdira de venir en voiture parce que ces pauvres petits êtres n'ont pas le permis et qu'il doit y avoir parfaite égalité entre eux et les adultes !!!

    Si la majorité est à 18 ans et pas à 10 ou même à 15, il y a une raison non ? Si à un moment on est considéré comme un adulte, avec des devoirs d'adulte, il y a aussi une raison non ? Alors, comment espère-t-on qu'un adulte peut avoir des devoirs, contraignants parfois, sans pour autant avoir des droits spécifiques, j'irai même jusqu'à dire des privilèges propres ?

    La dictature de l'enfant-roi ira-t-elle jusqu'à priver les adultes de tout droit afin d'en faire des esclaves tout dévoués aux enfants ? Quelle horreur !


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